Archive for novembre, 2009
Les yeux comme des fenêtres

Cette histoire commence avec ce portrait ci-dessus, celui de Tanya Dziahileva, qui résonne dans ma tête comme celui d’une jeune fille à la perle de Vermeer. Je me suis juste senti troublé par ma propre mise à nu.

Toutes ces photos ont été prises pendant la préparation du défilé Christian Dior, prêt-à-porter, printemps/été 2010. Je les avais laissées dans un dossier, presque oubliées, pensant ne jamais m’en servir. J’ouvre hier soir par hasard un dossier et vois s’afficher la première photo de ce billet. Je suis troublé face à ce regard en coin qui me fixe.

J’ouvre le dossier et me replonge dans chacune de ces images.

Je me retrouve face à tous ces visages et ces regards que je n’arrive pas à cerner. Chacune évolue dans son univers, l’une pensive, l’autre tendue et stressée, l’une semble captivée par la lecture d’Une saison en enfer tandis que l’autre tape avec dédain sur son Blackberry.

Le maquillage, la coiffure ainsi que la manucure, prennent beaucoup de temps, le bruit est infernal, des dizaines de personnes s’agitent sous la chaleur des projecteurs et ce qui pourrait passer pour une multitude de petits soins devient parfois une souffrance mesurée.


Ce qui unit chacune de ces personnes, c’est le désir de vivre cette minute à la fois fugace et éternelle où la robe, le maquillage, les cheveux et tout le corps vont se déployer, l’espace d’un instant, devant le monde entier.



Merci et excellente semaine à tout le monde.
Tommy Hilfiger behind the curtain
Tommy Hilfiger Store on the Champs Elysee, 10am. It is a cold and grey morning. I was asked a few days earlier if I would be interested in meeting the man himself and spend the day with him during his day in France. Having been the only photographer to have been asked was such a privilege that I accepted straight away.
I was escorted to the first floor where I could see him being interviewed by Suzy Menkes from the International Herald Tribune; I am next. I have very little time. I have a word with the staff in order to set up the photo shoot session, as I would like to take a portrait of him in an area I spotted in the basement. The interview with Suzy is coming to an end and I asked to be left alone with him during the photo shoot.
Click on the image below to zoom in.
I will be shooting a second portrait later on that day before heading to the showroom not far from Place de l’Etoile. I am thinking about Avedon while taking this picture. I found out later that he is also Tommy Hilfiger’s favourite photographer.
Some photos I took during the interview at the house showroom. We spoke about paintings and photography. His favourite artists are old friends of his and include Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat and Keith Harring amongst others. When asked which photographers he likes the most, his answer is always the classics . Helmut Newton, Peter Beard, Harry Benson and obviously Richard Avedon, the master.
And how about his favourite designer? who do you think? His first name starts with a K and his last name with a L. Have a guess.
I shoot some trial shots and check the light in the basement while waiting for Tommy Hilfiger as I would like to take his portrait by the mirror. The 2 portraits are the first on this article.
As I wander in the Champs Elysee store with my camera, between the shooting and the interview, the atmosphere becomes surreal like between Brooklyn and Nevada desert. And this is how my amazing venture of a day in the life of the emblematic Tommy Hilfiger comes to an end.
Pour revenir à la traduction française, cliquez ici.
Merci à tous.
Phi Diem

Je reviens à l’instant de quelques jours à Florence où j’ai pu apprécier toute l’élégance italienne et plus particulièrement, le style classique masculin. Un style à base de vestes matelassées style veste Liddesdale aux couleurs automnales, de chemises rayées à cols italiens, des pantalons de velours très colorés et enfin des chaussures et chaussettes aux couleurs éclatantes. Rouge, jaune moutarde, bleue, autant de couleurs qui animent les rues florentines. Une allure faite de grandes enjambées mettant en valeur un pantalon suffisamment et subtilement trop court, pour ainsi laisser apparaitre les chaussettes parfaitement ajustées. Les lunettes à branches écailles restent indispensables quand il s’agit de prendre un café en terrasse du Giubbe Rosse.

Ces quelques jours de repos et de contemplation dans cette ville qui m’a toujours fasciné m’ont permis de recharger les batteries et c’est ainsi que je vous présente Phi Diem, un réel coup de cœur pour un style que j’aime particulièrement.

Ce qui m’a le plus frappé dans cette silhouette très graphique, c’est le manteau au col très structuré qui cache presque la moitié de son visage associé aux cuissardes. Cette variation sur les tonalités de gris résonne comme une peinture à l’encre de Chine, où le noir qui se dilue dans l’eau, devient gris puis court jusqu’à la transparence.

Phi Diem porte un manteau Les Prairies de Paris, des bottes Pierre Hardy, un sac Florian Denicourt et enfin des lunettes Cutler & Gross. Voilà ! Vous savez tout !
Bonne semaine à tout le monde.
Le temps d’un accord


Ce qui me fascine dans la pensée, c’est qu’elle fonctionne toujours par association.
Quand Seiko m’a proposé de réaliser une série de portraits mettant en avant l’un de ses modèles (ici le modèle Premier avec phase lune), de suite me sont venus un lieu, un visage et un style.
J’appelais Pascal et lui donnais rendez-vous non loin du café Marly. Son style casual chic s’accorderait parfaitement avec la très classique Premier. La lumière du matin, réfléchie par la blancheur du marbre, serait parfaite.

Bien qu’il ne m’arrive jamais de mettre en avant tel ou tel produit sur mes photos, j’ai senti qu’il y avait cette fois quelque chose à raconter et je me suis donc lancé sans complexe dans l’aventure. J’ai donc réalisé cet article sponsorisé, en collaboration avec les montres Seiko.
Bonne journée à tous.

Merci à Pascal du site Momb&Perena.

La danse des mains dans la maison Dior


La broderie
C’est toujours pour moi un plaisir intense et une grande fierté que de rencontrer les personnes qui, dans le silence et la discrétion des ateliers, sont à la base de toutes les créations que j’admire. Depuis quelque temps déjà, une lien très fort s’est tissé entre la maison Dior et moi-même, un lien de confiance et d’échange.
Ce qui me fascine avant tout, c’est le off, le caché, les petites mains patientes et agiles, les premiers d’ateliers qui mettent en forme l’imaginaire du créateur. Tous ceux que l’on ne voit pas, mais qui sans eux, rien n’existerait.

Un croquis de John Galliano
La maison Dior ne me donne rien d’autre qu’une clé magique qui me permet d’ouvrir les portes d’un univers sans fard ni strass, mais incroyablement plus puissant et profond que nombre de lieux sur terre.
J’y avance à pas de velours, avec humilité et patience.


Le temps s’arrête, on ne zappe plus, mais on contemple le lent mouvement des mains et des tissus. Je suis seul, fasciné et immobile, regardant fixement le mouvement précis des doigts. Je ne pense plus à rien, l’émotion ayant pour un temps pris la place de la réflexion.


Je suis ému par la solitude paisible de l’artisan, de la petite main, du créateur. Cette solitude remplie d’imaginaire et cette lenteur baignée de concentration extrême résonne comme un cri de liberté qui bouscule le monde actuel.


Les différentes étapes de création d’une robe de l’atelier flou.

La fabrication d’une veste de l’atelier tailleur.
The Wave


Parfois une rencontre ne tient qu’à peu de choses, un regard, une étole d’un blanc immaculé qui court le long d’un corps. A la façon d’une volute urbaine s’échappant de la cigarette de ce garçon, cette vague sans fin ni début a capturé ma course. Merci à Nadjib.
Ce matin je me lève tôt pour aller prendre de drôles de photos pour une expo à venir. Cette fois-ci c’est une commande un brin décalée par rapport à ce que je fais d’habitude. J’espère que je réussirai à quand même à retomber sur mes pattes !
La Poupée qui fait non


Dolorès a 16 ans, elle est jeune et a un caractère de feu. La première fois que je l’ai vue, c’est en feuilletant le magazine Grazia dans lequel 8 pages lui étaient consacrées. Puis, par l’intermédiaire de la maison Stéphane Plassier et de Christian, je l’ai rencontrée. Je parle peu, elle parle beaucoup. Elle m’a raconté son parcours, prise en photo par Paolo Roversi, Nan Goldin et d’autres, elle travaille pour l’agence Marylin où Kate Moss a fait son entrée il y a 15 ans pour ne plus jamais la quitter.
Nous avons marché un peu tandis que je la prenais en photo, elle ne parlait plus. Je souhaitais voir s’exprimer cette page blanche, ce terrain, vierge de tout réflexe et ne surtout pas me projeter. J’aime au final, ce qui se joue sur son visage, une sorte de lassitude mélancolique.
Bonne semaine à tout le monde.

Dolorès Doll
Man in the mirror


Alex, un personnage, une gueule, une attitude, une folie féline et malicieuse. Une belle gueule comme on dit, mais une gueule qui marque l’esprit. Ce mélange d’enfance et de maturité, cette force physique et ces taches de rousseur se lisent comme un appel à la liberté.
The queen of heart

Je sors du Grand Palais après m’être promené dans les couloirs agités de la Fiac, les yeux baignant encore dans les images et les rencontres aussi improbables qu’intenses. De Cantona en vieux marin barbu caché dans son trench, aux artistes comme le jeune Xavier Veilhan ou le vieux Jacques Monory. Je croise Margaux, une jeune modèle que vous avez surement déjà vu, mais que j’essaierai de prendre très prochainement en photos sous un jour nouveau.
Avant de courir à la Slick, une foire d’art contemporain pour les jeunes galeries à l’espace 104, un rendez-vous rapide m’attend près de la Comédie Française. Il fait gris et lourd. Mon esprit est occupé par tout ce que j’ai vu et entendu, le regard plongé dans l’asphalte, je ne vois que les pieds du monde qui m’entoure. Mon téléphone sonne, je relève la tête pour répondre et vois cette fille qui arrive en face de moi, drapée dans un trench gris trop grand.
Je ne sais plus pourquoi elle posa sa main sur la joue à l’instant où je pris cette photo, mais elle a bien fait car cela lui donne un sentiment d’une extrême douceur qui me plait beaucoup.
Vous pouvez voir d’autres photos sur ici.
Bonne semaine à vous !



















