Archive for janvier, 2010
Dans les coulisses de Christian Dior

La semaine de la Haute Couture continue. Voici donc, comme un avant gout furtif, quelques images prisent lors du défilé Christian Dior couture puis dans les backstages tandis que maquilleurs, coiffeurs, manucures et mannequins s’affairent à magnifier les silhouettes.

Dans les backstages, les visages se dévoilent et les regards se croisent. Comme près d’une tour de Babel, j’entends parler dans toutes les langues, russes, anglais, allemands, portugais, etc. Ces visages, ces lèvres effleurées par des pinceaux colorés, ces cheveux brossés et ses cous poudrés me font penser à un tableau de Van Dongen.

Lorsque les filles défilent, le temps s’arrête, les projecteurs s’allument, on lance la musique et elles entrent dans un autre temps, un autre lieu, comme déconnectées du spectacle qui se joue.

Si vous aimez la maison Dior, voici d’autres articles que j’ai pu faire à son sujet. Ici les backstages de la saison précédente. Ici le défilé. Ici et Ici les ateliers de création de la maison.

Je termine ma fashion week tout à l’heure avec le défilé Gaultier Couture et déjà je ressens comme un petit gout de nostalgie. Heureusement il me reste mes photos et des souvenirs que j’ai hâte de vous faire partager.
Un grand merci à vous.
Les coulisses de la mode chez Dior, KVA, Tim Hamilton & Cerruti

Chez Dior, cette posture sensuelle et fragile annonce l’explosion gothique qui va suivre.
La fashion week continue, les défilés se suivent mais ne se ressemblent jamais. J’ai cette fois ci, voulu mettre l’accent sur ces visages que l’on voit passer furtivement sur le catwalk. Que ce soit de jeunes beautés insouciantes ou des gueules cassées, je découvre des regards bien plus intenses que je ne pouvais l’imaginer.

Les habilleuses positionnent les derniers accessoires chez Kris Van Assche.
Le scénario est invariablement le même. Les mannequins arrivent, découvrent leur portant et leur habilleuse, puis vont se faire maquiller et ensuite coiffer. Une fois que tout cela est fait, ils mangent un peu ou boivent un café puis vont se faire habiller. 30 minutes avant le show, la répétition commence sur le catwalk encore plastifié pour que les mannequins se calent sur la musique. Puis ils reviennent et patientent comme ils peuvent, musique, blackberry, ennui, isolement etc. Quelques minute avant le show, ils s’alignent devant l’entrée du catwalk, dernières retouches des habilleuses ou parfois même du créateur, on commence à entendre les basses dans la salle, les visages se tendent. Go !

Toujours chez Kris Van Assche, le silence et le calme, quelques minutes avant le show, surprennent. Le créateur me dira que c’est sa façon d’exprimer son stress mais qu’intérieurement, il bouillonne.

Chez Tim Hamilton, l’esprit est au 50′s et au Rock’n roll sous acide.

Chez Dior, de jeunes mannequins argentins tentent de détendre l’atmosphere.

Chez Dior, les mains dessinent les traits de visages qui font voyager.
Pour chaque créateur on retrouve des « gueules » et des styles différents, jeunes éphèbes quelque peu androgynes chez Dries Van Noten, machos absolus et sur-testostéronés chez Gaultier. Chez Dior Homme, la plupart vienne d’Argentine ou du Brésil.

Le même visage après le défilé Dior Homme qui vient de prendre fin, chacun se rhabille pour courir vers un autre défilé.
16 comsMa Fashion Week à Paris

Le mâââle chez Jean-Paul Gaultier. Qui a dit macho !?
Hier fut une journée très intense en matière de mode, car je l’ai passée entièrement à courir les défilés de la capitale. De Dries Van Noten, Jean-Paul Gaultier, Gaspard Yurkievich, Junn j en passant par Issey Miyake. J’ai pu aller à la rencontre des créateurs, faire leur portrait, passer des heures dans les backstages à assister aux préparations et prendre le temps de shooter quelques looks à la sortie des défilés.
Vous pouvez suivre mes pérégrinations et mes photos en direct dans tous les défilés de la Fashion week sur mon Twitter !
J’y retourne dès ce matin, j’espère que vous aimez !

Silence et maquillage chez Dries Van Noten

Quelques secondes avant le défilé chez Junn J

Concentration ou rêverie ? Chez Junn J

Le créateur Gaspard Yurkievich, 5 min avant le défilé. Un mannequin n’est pas là, que faire ?

Chez Gaultier on se retrouve sur un ring de boxe

Encore une gueule d’amour chez Gaultier

Très appliqué chez Dries Van Noten ? Dans quelques secondes il sera dans la peau d’un néo-punk
Merci à toutes et à tous !
23 comsOn stage

Ça trépigne, ça s’échauffe, le téléphone sonne à longueur de journée. Au bout du fil, toujours la voix d’une jeune fille le plus souvent douce, agréable mais ferme. Probablement assistante de l’attachée de presse et qui fait ses armes dans ce drôle d’univers qu’est la mode. « Bonjour, serrez vous présent au défilé X ? On envoie l’invitation à la même adresse ? Vous voulez être assis ou être dans le pool de photographes ? Un accès aux backstages ? »
La sonnette retenti chaque jour et les coursiers défilent, avec toujours à la main une petite enveloppe plus ou moins grande, plus ou moins jolie. Je les ouvre avec une certaine excitation, lisant mon nom toujours écrit à la main avec application, probablement par une stagiaire élue plus belle écriture du bureau et qui verra son poignet s’endolorir tout au long des 300 invitations à faire. L’écriture est ample et féminine, composée de grandes boucles parfaitement rondes, mais sans la faute de goût du petit rond sur les « i ». Tout ceci est encore nouveau pour moi, je prends donc le temps de déguster chaque émotion.
Le spectacle de la fashion week parisienne lève le rideau avec les défilés Homme puis continuera sur la Haute Couture et telle une petite souris, je me glisserai partout pour vous rapporter des images.
N’hésitez pas à me dire s’il y a des choses que vous voulez voir et auxquelles je n’aurais pas pensé !
Mia

L’image s’est imprimée dans ma tête, comme un vieux poster agrafé sur le mur d’une chambre d’adolescent. Le visage de Romy Schneider sur une carte postale aux teintes sépia et signée en bas à droite d’une calligraphie blanche, Harcourt. Une photo prise une matinée de 1960 dans le fameux studio qui m’est venu la première fois que j’ai rencontré Mia.
Mia est jeune, photographe et ce qui ne gâche rien, norvégienne. Aussi lumineuse que le soleil levant se reflétant dans la vitrine violette American Apparel qui me fait face et éblouit mon objectif.

Un sac Dior vintage, des petites ballerines Lanvin, une fourrure que portait sa grand mère et d’immenses lunettes qu’on dirait sorties d’un cartoon de chez Disney.
Mia me fait voyager sur place et j’espère que vous ressentez la même chose et que vous prendrez place sur mon vol.
Très bonne semaine à tous.
Grey eyes & red lips

Je sors de Beaubourg où j’ai pu voir l’expo Soulages, les pupilles dilatées par la noirceur lumineuse des toiles et dans la fraicheur d’une matinée parisienne, je croise Virginie. La rue est vide, le ciel gris et ses lèvres d’un rouge si intense que je ne peux m’empêcher de les regarder.
Mon objectif finit par s’approcher si près de sa bouche que je peux en voir le moindre des plis, même ce petit grain de beauté à droite de ses lèvres.
Le temps se met en suspend et la neige commence à tomber.

Je range mon appareil sans savoir vraiment ce que j’ai pris en photo, en face de moi je vois en vitrine une paire de sneakers Pierre Hardy en solde, je rentre mais n’oublie rien. Mes souvenirs s’accumulent comme les trains dans une gare et je crois que crois bien qu’il est l’heure maintenant de vous dire à demain !
17 comsVendôme

Me voici de retour après quelques jours d’absence et d’hibernation technologique. Je retrouve les rues parisiennes blanches de neige et noires de monde. Rien n’arrêtera les aficionados des soldes, pas même le blizzard.
J’ai moi même bravé le froid pour trouver quelques pièces qui me faisaient envie, mais comme je suis assez mono-maniaque en ce qui concerne mes choix vestimentaires, ce n’est donc jamais très simple. Je fonctionne avec des variations sur un même thème. Je pars d’une pièce et je la décline. Mon dressing finit par ressembler à celui de Batman, les mêmes éléments en 10 exemplaires…
Je me suis retrouvé hier avec dans les mains, trois paires d’un même modèle de boots, mais dans trois coloris différents. Appelez moi Bruce Wayne.

Enfin, passons sur ces considérations personnelles, car je sors tout juste des ateliers d’un des plus beaux joaillers de Paris, ceux de Van Cleef & Arpels. Des heures plongé seul au cœur de cette maison centenaire. L’artisanat du luxe à l’état pur et des rencontres humaines que je n’oublierai pas.
Je me retrouve place Vendôme, il neige, des Japonais portent de petits sacs signés Goyard et de grandes femmes blondes et russes sortent de longues voitures aux vitres fumées pour rentrer dans le Ritz.
Alors que je m’imagine la vie de Coco Chanel dans son appartement de ce même hôtel, je vois passer Ornella devant moi, enroulée dans son épaisse écharpe de fourrure et pendant quelques secondes, je me retrouve au 19ème siècle sur la perspective Nevski de Saint-Petersbourg. Mon imagination s’emballe et j’en oublie le rendez-vous qui m’attend.
Très bonne semaine à vous tous.
En terre inconnue
Voici une petite vidéo durant laquelle je me prête au jeu de me mettre dans la peau d’une employée de chez Orange, en l’occurrence, Pauline.
J’ai adhéré au projet car l’idée mise en avant est assez cohérente avec le travail que je réalise dans le milieu du luxe et de l’artisanat depuis mes débuts : remettre l’humain sur le devant de la scène. J’ai passé des centaines d’heures à photographier les coulisses de la mode, les petites mains dans les ateliers de couture, les artisans de l’horlogerie, de la joaillerie. Quand on m’a demandé d’aller à la rencontre des employés de ce secteur, je me suis dit que c’était plutôt cohérent avec ma démarche.
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