Archive for décembre, 2010
New year
Une année qui prend fin, une autre qui commence. Je n’aime pas tant faire des bilans que de rêver mon avenir. Comme disait Deleuze, que je cite inlassablement : il ne faut pas faire le point, il faut tracer des lignes. Je continue donc d’avancer en flânant, un crayon et un appareil photo à la main pour parler du monde tel que je le vois, tel que je le rêve.
Je vous souhaite une belle année et je remercie chacun de vous de venir parfois partager quelques minutes de votre temps, ici, avec moi.
Madame Figaro, Karl Lagerfeld & me
Voici ma nouvelle collaboration avec le magazine Madame Figaro. J’ai assisté au très intimiste défilé Métiers d’art Chanel puis j’ai rencontré le génial créateur. Karl Lagerfeld, une figure qui me passionne et m’inspire, a posé pour moi, dans les décors Byzantin des salons de la rue Cambon.
Ce fut pour moi un instant inoubliable et très chargé en émotions. Courrez acheter le magazine !
Je mettrai en ligne l’intégralité des photos très prochainement.
Merci à vous et surtout, passez un joyeux Noël !
Sunrise
Je suis à mon bureau et depuis la fenêtre je vois la neige tomber sur Paris. Pour braver le froid, j’écoute Harry Belafonte et regarde les clichés de la dernière fashion week printemps/été. Une image en particulier m’a beaucoup marqué, c’est celle de Cédric Charlier qui vient de faire son salut au public après le défilé Cacharel et rentre en backstage. Toute l’équipe et les mannequins sont là pour l’acclamer, les photographes se montent dessus et lui, traverse la foule, le visage heureux et soulagé. Le stress et la pression accumulés durant des mois s’effondrent l’espace d’un instant. J’aime ces moments suspendus.
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Le dernier tango de Gaultier pour Hermès
J’ai suivi Jean Paul Gaultier durant son dernier défilé pour la maison Hermès. Une plongée au cœur de deux mythes, en forme d’adieu, nappée de génie et de mélancolie.
Il est 14h, j’arrive pendant les répétitions, les pur-sang du Cadre Noir de Saumur marchent au pas sous les immenses lustres suspendus dans l’obscurité.
Une image fabuleuse me restera de cette rencontre, c’est celle ci-dessus où l’on voit Jean Paul Gaultier courant, le sourire aux lèvres, vers sa muse Farida, lors de la répétition du final. Vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir.
Il vérifie une à une les tenues, réajuste un col, modifie l’inclinaison d’un chapeau, le nœud d’un foulard.
Farida Khelfa, la muse de toujours, se met à danser pour moi un tango enflammé.
Une image que j’aime beaucoup, celle du créateur, toujours souriant, signant la trousse de couture d’une de ses couturières habillée en Gaultier, sous le regard envieux de ses collègues. C’est le monde de la mode telle que je l’aime, le créateur et les artisans.
Jean Paul Gaultier discute avec l’extravagante Anna Piaggi, rédactrice en chef de Vogue Italie.
Tandis qu’en backstage, certaines s’occupent en bouquinant…
… d’autres préparent la piste où les chevaux vont faire le show.
Abbey Lee Kershaw perdue dans ses pensées, quelques secondes avant le défilé.
Je vous dis merci à tous et vous salue !
14 comsBulgari
Paris est paralysée par la neige et je me retrouve à la traverser à pieds pour rejoindre la porte Sud du Grand Palais, celle qui fait face au pont Alexandre III. Deux vigiles sont devant la porte, je dois montrer mon accréditation ainsi qu’une pièce d’identité. Je passe le premier sas puis me retrouve dans la pièce de sécurité. On me prend en photo, photocopie ma pièce d’identité, me fait signer un papier. Je comprends alors que je ne vais pas découvrir n’importe quelle exposition. Derrière moi j’entends une voix parler en anglais avec un fort accent italien et un peu d’agacement.
- « I need an accreditation. »
Je me retourne et découvre un homme grand, cheveux blancs et rares, très élégant, un sourire en coin. Il semble impatient. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de Nicola Bulgari, vice président de Bulgari.
Quelque temps avant l’ouverture de l’exposition Bulgari « 125 ans de magnificence italienne » au Grand Palais, la maison m’a proposé de la découvrir en avant-première. Je parcours un peu les vitrines puis je préfère aller me balader en coulisse pendant que les ouvriers finissent de mettre en place les derniers détails.
16 comsJohn Galliano
Une nouvelle plongée dans les coulisses d’un défilé. Cette fois-ci il s’agit de celui de John Galliano. J’ai déjà mis en ligne le mois dernier un quelques images, voici la suite.
Le défilé se termine dans une minute, John, déguisé en artiste bohème, sort de son alcôve entouré de son équipe pour aller faire le salut final.
Je retourne en backstage et découvre tous les mannequins en train de regarder sur l’écran, John Galliano faire son salut au public. La boucle est bouclée et je vous dis merci de m’avoir suivi dans cette petite aventure.
Toutes ces photos ont été réalisées lors de ma collaboration avec Madame Figaro.
William Klein
Il est 16h à Paris 16ème arrondissement. Je regarde la route, hypnotisé par le chapelet en ivoire accroché au rétroviseur du taxi qui me conduit et écoute l’album Space oditty de Bowie. Il neige. Je tapote ces mots sur mon Iphone, je suis en retard et j’ai rendez-vous avec un réalisateur de films documentaires que j’aime beaucoup, Loïc Prigent. L’avenue est bouchée, je repense à la scène que j’ai vécue le mois dernier au défilé Lanvin.
Vendredi 1er octobre, 17h30, Halle Freyssinet. J’assiste aux répétitions du défilé Lanvin et accompagne Alber Elbaz pour faire des portraits de lui (voir billet précédent). Depuis plusieurs minutes un homme âgé marche au milieu du catwalk entre les filles qui répètent. Une canne à la main, il les photographie avec un Leica argentique. Je le regarde, amusé. Il me semble si fragile, il a presque du mal à porter son appareil à l’œil. Ce vieux monsieur commence vraiment à attiser ma curiosité quand je remarque que tous les gens présents semblent le protéger, l’évitent avec précaution et le vénèrent presque. Je vois Alber Elbaz venir à lui avec une déférence que je lui connais peu. Une jeune fille l’accompagne, tenant pour lui un 5D Mark 2 cette fois-ci numérique, je vais à elle et lui demande discrètement qui est ce monsieur si étrange.
- C’est William Klein. Me dit-elle, détachée.
Le temps s’arrête l’espace d’un instant. Mille images et mille pensées se bousculent dans ma tête. Mon cœur bondit, à la fois honteux de cette condescendance aveugle qui m’a fait le juger avant de le connaitre et heureux de savoir que je vais passer un peu de temps à ses cotés.
Nous sommes dans le First Look du défilé Lanvin et j’oublie complètement ce pourquoi je suis là. Je regarde cet homme de 82ans, ce génie polymorphe, qui après avoir tout vu, tout fait, n’ayant plus rien à prouver à quiconque et qui pourtant a les yeux qui resplendissent de fraicheur et d’émerveillement. Mon appareil photo pend à mon bras, je le regarde, il n’y a plus que lui. J’aurais rêvé m’asseoir dans l’atelier de Picasso et le regarder peindre, écouter dans la pièce d’à coté, Glenn Gould jouer les Variations Goldberg. Je suis là, à coté de William Klein, entouré des plus beaux mannequins du monde et du créateur Alber Elbaz. Il me sourit et nous prenons des photos.
Le taxi freine brusquement, je sors de mes pensées, je suis arrivé.


















































