Archive for février, 2011
French Cancan
Il y a quelques mois j’étais allé me perdre dans les coulisses du Moulin Rouge, aujourd’hui j’accompagne Psykko Tico, la plus célèbre des danseuses du Crazy Horse lors du défilé Jean Paul Gaultier. Spectateur du corps humain dans son expression la plus explosive et folklorique, voici quelques images.
Elle s’échauffe avant de rentrer en scène tandis que Lindsey Winxson retourne en Backstages se changer.
Psykko Tico et Jean Paul Gaultier prennent le temps de poser pour moi quelques secondes avant le début du défilé.
Dernier instant de concentration et d’étirements avant que le show ne commence.
10 comsJohn Lobb & me, histoire d’une co-création
C’est donc après des mois d’une collaboration passionnée, de nombreux rendez-vous, d’échanges, de croquis et des essais, que j’ai le plaisir de vous présenter le fruit de ce travail. Le résultat de cette co-création avec le plus prestigieux fabriquant de chaussures au monde est tout simplement … une paire de chaussures ! Mes premiers pas au cœur de cette maison avaient commencé par ce reportage.
C’est l’histoire du projet Spirits of Capitals, dont l’idée était de créer 11 paires de chaussures dans 11 capitales emblématiques de la maison. Celle-ci m’a donc contacté, ainsi que l’incroyable et passionnant dandy Stéphane Chaudesaigues et un tailleur italien réputé, mais qui préfère rester dans l’ombre. Nous nous sommes penchés tous les trois sur la réalisation de deux chaussures incarnant Paris. Nous sommes donc partis sur deux modèles richelieu réalisés sur patronage Balmoral en box noir et toile dans un esprit Art déco, doublés de chevreau rouge et noir. La lisse est ronde, la semelle fine en cuir avec un peu de débordant. Et bien sûr un embauchoir noir de jais.
Dans chacune des capitales, deux chaussures ont donc été créées et toutes ont été réunies pour être exposées à Paris, puis New York puis toutes dans chacune des capitales.
C’est un honneur inespéré que cette maison que j’admire depuis si longtemps m’ait choisi pour ce projet très important. Je les remercie.
Leçon d’anatomie
La tension musculaire de ce bras dénudé ramène à ma mémoire les souvenirs des cours d’anatomie dans le grand amphithéâtre des Beaux Arts de Paris. Une craie à la main nous dessinions sur d’immenses tableaux de classe les courbes de chairs, nous devinions les muscles, les veines, nous écorchions mentalement ces corps face à nous. Nous apprenions à comprendre le corps, sa mécanique, la répartition de ses masses, les enjeux de chacun de ses mouvements. Puis le visage, le dessiner inlassablement pour percer le mystère charnel et musculaire d’un rire, d’une grimace. Éclairer l’élégance d’un mouvement en comprenant la structure osseuse et musculaire du corps qui le fait.
Tant de beaux souvenirs et d’apprentissages que je mets en pratique chaque jour.
La photo a été prise dans les backstages du défilé Christian Dior.
Blind mirror
Le portrait est l’un des rares sujets dont je ne me lasse jamais. Des centaines, des milliers même et pourtant à chaque nouveau visage, c’est la même surprise qui s’empare de moi. J’essaie aussi de comprendre ce que je recherche et ce qui me pousse à faire cela en me plongeant dans l’univers d’autres photographes. Nadar d’abord, pour ainsi comprendre « l’intelligence morale du sujet, ce tact rapide qui vous met en communication avec le modèle (…) et qui permet non pas de donner une indifférente reproduction plastique, mais une ressemblance intime. » Écouter Richard Avedon parler de sa célèbre prise de vue du Duc et de la Duchesse de Kent. Il raconta au couple qu’en venant, un chien se jeta sur les roues de sa voiture et qu’il l’écrasa. A ce moment les visages du Duc et de la Duchesse prirent une expression incroyable de tristesse et c’est à ce moment là qu’il prit la photo. Les anecdotes d’Annie Leibovitz avec les Stones. La vision foudroyante d’humanité de Diane Arbus et évidement de tous les peintres qui depuis des siècles ont peint tous ces portraits qui nous accompagnent. Se confronter aux autres pour ne pas se perdre dans son propre vide.
11 comsSir Paul McCartney
Une rencontre qui résonne comme le battement d’aile d’un papillon frôlant le torse sombre d’une statue de bronze. Que puis-je dire quand les mots me manquent et que l’éclatement des sentiments prend le pas sur le langage ? Voici donc quelques images de ma rencontre avec Paul McCartney. Quelques secondes de silence accompagnées du sifflement mélodieux de Paul et des déclics de mon appareil photo.
Que dire si ce n’est que tout comme pour vous probablement, sa musique a accompagné et accompagne toujours mon quotidien, ma vie.
Je vous laisse avec lui et avec vous-même aussi.
Et je vous laisse aussi deviner l’air qu’il sifflotait car celui là, je le garde pour moi.
Men in Paris
Andrej Pejic dans les backstage du défilé Paul Smith.
Les défilés hommes sont terminés depuis quelque temps déjà et tous mes reportages seront bientôt visibles ici et dans Madame Figaro. J’ai suivi Marc Jacob, Alber Elbaz, Paul Smith, Kris Van Assche, Dries Van Notten, Antonio Marras et Jean Paul Gaultier durant leur préparation. Des rencontres, des échanges, des moments volés avec tous ceux qui participent à ces spectacles.
Andrej Pejic lors du défilé Jean Paul Gaultier.
J’ai pu suivre des personnages incroyables tel que Andrej Pejic (Les deux photos ci-dessus). Une figure androgyne que j’ai rencontrée pour la première fois l’année dernière chez Gaultier. Elle est troublante, il est complexe et ne peut laisser indiffèrent. Une identité marchant sur le fil d’une frontière vibrante et floue. Un masque à deux visages aux yeux comme des miroirs.
11 comsChristian Lacroix
J’ai passé un peu de temps il y a quelques jours avec le créateur Christian Lacroix. C’était dans le cadre de l’exposition L’orient des femmes au musée du quai Branly, pour laquelle il est Directeur artistique. Je ne l’avais jamais rencontré auparavant et sa maison de couture ayant fermé, je pensais que l’occasion ne se présenterait jamais. Beau hasard que cette exposition, l’orient, les femmes, l’artisanat et la couture. J’ai vécu pas mal de temps, par le passé, au moyen orient et les souvenirs, les couleurs et les senteurs continuent de m’accompagner et de m’inspirer. Je vous encourage à aller vous perdre dans les allées de cette exposition et à vous immerger dans ces cultures et dans ces arts.
7 comsLimelight
Une série de photos sur le même principe que celles que j’ai faites précédemment sur Lindsey Winxson. Un avant et un après qui me fait toujours songer à cette scène des Feux de la rampe (Limelight) où l’on voit Chaplin, le visage inquiet et mélancolique, se démaquiller lentement. La vie n’est pas toujours composée de faux-semblant, mais de scènes où nous mettons en avant d’autres parts de nous même. Je me laisse donc prendre au jeu et m’oublie en ne me perdant jamais.
8 comsPhotomatons
Photomatons de deux enfants perchés sur la pointe des pieds et dont seuls les cheveux hirsutes apparaitront sur le papier glacé noir & blanc. C’est de cette manière que j’ai fait mes premiers autoportraits, pour dix francs, quatre photos, de mes cheveux. Une image, des traits grossiers et sans rides, des souvenirs d’une enfance à venir. L’image photographique s’imprime doucement à mes côtés.
Le photomaton a disparu, il ne reste plus qu’elle, perdue dans son fard et me fixant. Je deviens une machine à autoportrait. Le visage est là cette fois-ci, parfaitement centré. La chevelure jaillit et explose hors du cadre. La bouche entrouverte laisse échapper de doux soupirs, toujours insouciants.
Une image, des traits parfaits et sans rides, des souvenirs d’une vie à venir.

































