Archive for mai, 2011
Sotheby’s
Enfant, je rêvais de me retrouver enfermé dans un magasin de jouets, seul, entouré de tous les objets de mes désirs et où les seules règles seraient celles de l’imagination.
Depuis quelques jours les contours de ce fantasme deviennent plus nets. Même si quelques années me séparent de mon enfance, j’ai la chance d’y replonger à chaque nouvelle collaboration. Aujourd’hui, je me retrouve à m’émerveiller chaque matin qu’en j’entre dans la plus vieille maison de vente aux enchères du monde, Sotheby’s.
Être totalement libre de tout, dans les lieux les plus fermés et sécurisés du monde, voilà ce qui est grisant. Je suis presque seul ce soir, entouré d’œuvres d’art, je les entends parler entre elles et me raconter leurs histoires. J’écoute, assis dans ce musée imaginaire.
Je déambule entre un César et un Tinguely, je frôle un Jeff Koons, longe un Martial Raysse, touche un César, soulève un châssis et découvre un Picasso, puis m’arrête devant un Miró. Le temps se fige, j’ai le cœur qui bat et le jeu finit par prendre le pas sur le travail. Je pose mon appareil, m’assoies et profite.
Derrière une planche de carton, posé contre le mur, se cache un sublime Miró estimé à pas moins de 3M d’euros. Mais étrangement, le vertige ne vient pas tant du prix que de la beauté de la toile.
La position du porteur me fait penser à un Christ en croix et semble dialoguer avec les Red Pop de Serrano.
9 comsUnder construction
Dès mon retour à Paris, je suis parti dans le nord-est de la France pour retrouver à nouveau la manufacture Baccarat. Depuis plusieurs jours déjà, je suis au cœur de cette maison pour la réalisation d’un projet qui me tient à cœur et que j’ai hâte de vous montrer. Voici quelques images prisent en direct.
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Marc Jacobs
Je suis à New York depuis quelques jours et j’en profite pour vous parler d’un personnage qui me tient particulièrement à coeur.
Il n’y a pas longtemps, on m’a demandé s’il y avait des créateurs que je n’avais pas encore rencontré et avec qui j’aimerais passer un peu de temps. Je ne m’étais à vrai dire jamais posé la question. Après avoir réfléchi, j’ai conclu que Marc Jacobs et Tom Ford étaient les deux derniers très grands de la mode, ou tout du moins connus du grand public, que je n’avais pas encore côtoyés.
Je ne planifie jamais ces rencontres. Ce sont les hasards de la vie, du calendrier, des rencontres, des gens qui me font confiance qui permettent cela.
Voici donc quelques clichés que j’ai pris de Marc Jacobs lors de son défilé homme pour Louis Vuitton. Un personnage hors norme, à la fois discret et exubérant qui m’a donné un peu de son temps. J’espère le lui rendre bien.
Bonne semaine à tous et je continuerai de vous donner des nouvelles depuis la grosse pomme.
PS : Tom, tu es le dernier sur ma liste, alors prends garde à toi !
Fly me to the moon
Un hélicoptère survolant Manhattan, le soleil couchant, les Rolling Stones qui jouent dans mon casque.
3 comsIn the streets of New York
Un petit air de fin de prohibition dans ces silhouettes signées Lanvin, qui me replongent dans l’unique épisode que j’ai vu de la série Boardwalk Empire de Martin Scorsese et avec l’irréel Steve Buscemi. New York est une ville qui a le don d’ubiquité, capable d’être tout et partout à la fois. C’est une scène sur laquelle chacun peut y laisser jouer ses fantasmes et s’y perdre avec délectation.
Loin de toute prohibition, j’écris ce billet depuis la terrasse du Starbucks de Montague Street à Brooklyn, un café Mocha à la main. Je regarde le temps et les gens passer. Mais il n’y a qu’à fermer les yeux ne serait-ce qu’une seconde, pour que les silhouettes de mes photos prennent vie et s’engouffrent dans une Cadillac 341 sous les hurlements des sirènes et d’une pluie de balles. Le point commun entre New York et l’imagination, c’est que tout y est permis.
Merci à vous !
Philippe Starck
Il est 13h, je suis à Milan assis face à la Scala quand je reçois un appel. « Son Jet vient de se poser à l’aéroport de Malpensa, il arrive de São Polo et reste 3 heures à Milan. Rendez-vous au Palazzo Morando. » En raccrochant je repasse cette phrase dans ma tête et souris en pensant que ça pourrait être les premiers mots d’un film de James Bond. Et si c’est un agent secret que je vais rencontrer, sa couverture est parfaite.
En effet aujourd’hui, la maison Baccarat me fait l’honneur de rencontrer un personnage qui m’intrigue depuis longtemps, c’est le designer Philippe Starck qui vient présenter sa pièce Marie Coquine. Je rejoins le Palazzo où Baccarat présente ses collections, j’installe ma caméra et prépare le micro. J’ai demandé à réaliser une interview ainsi que quelques portraits de lui pour mon site. Je suis seul cette fois, je n’ai pas le droit à l’erreur.
Il rentre dans la pièce, Julien mon ange gardien me présente à lui, la tension monte d’un coup. Starck est comme je l’imaginais, intense, perfectionniste, n’autorisant aucun manque de rigueur. Il me dit qu’il a besoin d’une concentration extrême pour l’interview et demande qu’absolument personne n’entre dans la pièce. Je me retrouve, face à lui, seul.



























