Archive for the 'Humeurs' Category
Education à la mode vestimentaire

Il y a l’éducation aux goûts, aux aliments, l’éducation aux sports, à l’art et bien d’autres domaines encore. Mais j’ai remarqué que dès que l’on parle du rapport entre la mode vestimentaire et les enfants, tout de suite, le sujet devient sensible. L’argument principale est qu’un enfant ne doit pas être une copie modèle réduit d’un adulte, que les vêtements ne doivent pas être une barrière aux jeux et à la liberté de mouvement. Je conviens évidement de tout cela. Le premier argument qui m’est venu à l’esprit et qu’il vaut peut être mieux trop d’attention, que pas assez, qu’un enfant entouré d’attention s’épanouira beaucoup mieux qu’un enfant quelque peu délaissé. Soit, je n’invente rien et j’enfonce des portes ouvertes. Le second, m’est venu après m’être plongé dans l’œuvre de Michel Onfray ainsi que du travail qu’il met en place avec son Université populaire de Caen et l’Université Populaire du Goût à Argentan. L’éducation à la mode est, je pense, du même ressort que les autres champs, tel que le goût, par exemple. D’abord montrer, discuter, échanger mais ne jamais imposer. Visiter un musée, puis rentrer à la maison, dessiner et lire, ou se promener en ville, regarder des vêtements, en acheter ou pas, tout cela est pour ma part du même ressort et même si l’un s’inscrit plus dans un domaine économique et marchand que l’autre.
Précision : ceci est un billet d’humeur et j’ai bien conscience que le traitement que je fais de cette question n’est pas exhaustif et que de nombreux autres paramètres pourraient être soulevés.
Les trois âges de la vie

“La vie est un vaste théâtre où chacun joue son rôle puis s’en va ” Cette phrase est extraite d’une pièce de Shakespeare s’intitulant Comme il vous plaira. C’est pour moi un des textes les plus importants relatant la condition humaine.
J’ai pensé à ce texte en découvrant cette photo que j’ai prise le week-end dernier en me promenant dans le jardin des Tuileries. Sur l’instant, la scène que je venais de prendre en photo ne m’avait pas marqué et c’est seulement en la revoyant plus tard, qu’elle m’a ému profondément. Je m’émeus rarement, mais ça arrive, de mon propre travail et j’ai été ravi d’avoir pris cette petite scenette du théâtre de la vie quotidienne. Au fond, dans la lumière, les deux adolescentes insouciantes, au milieu, le père et son petit enfant qui fait ses premiers pas et au premier plan, la vieille femme fragile au bras de sa fille soucieuse. La vie est belle, parce que fragile et instable.
Quartier de Beaubourg - Perfect Day

Un rendez-vous prévu, dimanche matin, 10h, devant Beaubourg. Je dis ok, sans me poser trop de questions car il fait parti de ces rendez-vous qu’on ne refuse pas. Je suis en avance, je me promène dans les rues parallèles au musée. La rue Quimcampoix se réveille doucement et le boulevard Sébastopol se bagarre déjà avec les klaxonnes. Il fait froid mais beau, enfin, aussi beau qu’il puisse faire à Paris. Le beau est toujours un peu teinté de gris, mais soit, la pollution est la dîme du citadin. La lumière est malgré tout très belle ce matin, je sors mon appareil car on ne sait jamais. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression à ce moment là d’être Clay, le personnage de Bret Easton Ellis dans le livre Less than Zero. J’erre, comme ça, sans réel but, porté par la lumiere que laissent passer les immeubles. Il me vient à ce moment là dans la tête cette chanson de Lou Reed, just a … Perfect Day.
Photo prise dimanche matin, rue Aubry le Boucher, Paris.
Ravaillac No futur !

Dans les rues de Paris, parfois, entre deux gaz d’échappements, ça sent bon la soupe de grand-maman, mais quand tout à coup, soudainement, on se met à dire “Fuck” à grand maman et qu’on balance son sac en osier avec la galette et le petit pot de Nutella, nous entrons dans la phase, dite du conflit de générations. Rien de tel alors qu’un bon mélange de tradition française à la Ravaillac et de revival néo punk “so british” pour calmer les ardeurs de chacun.
La morale de l’histoire, c’est que quand la mode oublie de se démoder et qu’on a plus rien à se mettre, il reste toujours les tiroirs de grand-maman.
Rue du Roi de Sicile, IVème, Paris
Carnaval de Notting Hill




Mon regard se porte souvent là où n’est pas l’action. Le hors champ, le hors cadre m’intéresse beaucoup plus que l’action elle même. Ce qui se joue à coté n’est pas mis en scène ni contrôlé, alors les corps se délient, les regards se perdent, les chorégraphies s’oublient, un peu comme cette princesse à la fenêtre qui aimerait bien participer à la fête. Cela me fait penser à cette scène d’Amélie Poulain, où Amélie est au cinéma et se retourne pour contempler les gens dans la salle, oubliant le film projeté. Un photographe, c’est aussi ça, un regard qui ne regarde jamais au bon endroit. La liberté n’est jamais là où on vous dit qu’elle se trouve.
Rouge, red, rot, rojo, rosso, czerwony, etc.

Photo prise lors d’un brocante ce weekend, en Bourgogne.
Jardin du Luxembourg à Paris / Hommage à Doisneau





Je me souviens des après-midi d’enfance passés à prendre des photos de mon univers. J’avais une dizaine d’années et mon père me prêtait toujours son vieil Olympus OM-10 quand je lui demandais. Je sortais la pellicule de son carton et la glissais délicatement dans le boitier, faisais tourner la molette lentement et le rêve commençait pour moi. Quand on a dix ans, pas la peine d’aller chercher très loin les sujets et les modèles, l’imagination suffit amplement. Le jardin était tout mon univers, le linge en train de sécher, les tissus et la lumière que faisait jouer le vent, était un sujet inépuisable. Les fleurs, les plantes, les insectes, les reflets dans l’eau, le garage et les nuages. Tout devenait sujet à une photo. Mon tout premier modèle fut un chat, mon chat. Alors je le faisais poser, le mettais en situation, l’éclairais avec différents jeux de lumières et même le parais de milles objets. En y repensant, je pense qu’il ne m’en a jamais voulu, les chats sont très fière, mais très narcissique aussi.
En grandissant, l’imagination diminue, mais pour combler cela, le monde s’agrandit. Le jardin devient une rue, un quartier puis une ville. Le chat devient une femme, un immeuble ou encore un objet de luxe. Mais après tout, j’ai parfois le sentiment que je ne cherche qu’une chose, retrouver l’émotion de la première photo que j’ai faite, cet après midi d’été, alors que j’avais dix ans.
La curiosité et l’étonnement envers le monde qui nous entoure sont pour moi les qualités premières que doit avoir un artiste, sans ça, il ne fera que reproduire son ennuyante et banale intériorité. Ouvrons grand nos yeux et le reste suivra.
Le silence est un bruit comme un autre

Depuis quelques jours, Paris prend des airs de petit village silencieux. Les soldes finissent dans dix jours, les parisiens ont quitté la capitale pour rejoindre les plages ensoleillées, les vertes campagnes ou les pays exotiques. Paris se vide, doucement, tranquillement, au rythme des vibrations du métro. Les jupes se raccourcissent, les terrasses se remplissent et on est un peu plus détendu que d’habitude. On regarde un peu moins la télévision, on délaisse son ordinateur et on se dit que Facebook survivra sans nous. Paris l’été, c’est un peu comme une femme épanouie, elle ne demande rien, juste qu’on écoute son silence.
(photo prise Boulevard Saint-Germain, Paris)
Les femmes et leurs magazines

J’ai découvert il y a déjà quelques temps, une nouvelle addiction que je ne soupçonnais pas chez les femmes. Plus que la nourriture, plus encore que les fringues ou même que leurs mecs, certaines femmes étaient addict à leurs magazines féminins. “Le lundi matin, c’est ELLE“, combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Preuve à l’appui, il y a quelques temps, j’ai hébergé une amie chez moi pendant une quinzaine de jours. Je vous épargne évidement les 2 à 3 tonnes de vêtements qui gisaient sur le parquet, les produits de beautés envahissants la salle de bain et les collier venant décorer, telles des guirlandes de Noël, les lampes de mon appartement. Bien sûr je ne parlerai pas des paquets de gâteaux, des boîtes de thé aux noms étranges, le remplissage du frigo avec des fruits et autres légumes, chose que mon frigo n’avait jamais vu auparavant. Un matin donc, en m’approchant de la table basse, je me suis mis à compter la pile de magazines qui s’était bâtie pendant ces 2 semaines. Il y en avait des petits comme Glamour ou Biba, des moyens et des grands comme Elle, mais ils avaient tous un point commun, une femme plus ou moins vêtue en couverture. J’en ai dénombré 11. 11 tomes de littérature consacrée à LA femme sous toutes ses coutures. Et pas question de les jeter à la poubelle ! Le magazine se garde telle une relique, il s’accumule sur le temple de la moditude consacrée. Enfin, je prends ça avec philosophie, j’ai fait le deuil de ma table basse et je me suis plongé dans mon GQ.
(photo prise samedi, rue du Bac, Paris)
Brocante à Savigny / Hammam à Clichy

C’est puéril, j’admets, mais un peu d’humour en ce samedi matin bien gris ne fait pas de mal.
Madeleine de Proust

Je conçois que cette photographie sente bon le bucolisme bon marché et la France de papa, voire que l’on frôle l’image d’Épinal. Mais cela ne m’empêchera pas d’aimer cette photo, ce regard interrogateur et cette bouche, pleine des gâteaux de notre enfance. J’ai pris cette photo le week-end dernier sur un marché en Bourgogne. Je me suis arrêté devant cet enfant et je l’ai regardé, longtemps, comme je regarde les films Super8 de mon enfance, projetés sur un drap blanc. Lorsque le regard mélancolique d’un adulte vient se poser sur les instant perdus de l’enfance, il en ressort parfois une sentiment de tristesse honteuse. Victor Hugo dit que la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. Je ne suis pas vraiment d’accord avec lui, car pour ma part la mélancolie, c’est la tristesse de savoir qu’on ne sera plus heureux.
Les voyages en train



Quitter Paris n’est pas la tromper, mais juste s’en éloigner un peu pour revenir en… meilleure santé. Non pas que je brule la vie par les deux bouts à Paris (sic), mais l’air de la campagne me semble parfois nécessaire. Pendant quelques heures, le train devient alors le sas de décompression entre Paris et mon village natale. On y fait le bilan des mois passés, on y trace les lignes de notre avenir et on sourit en pensant aux quelques jours de repos qui nous attendent. Pris dans un rapide mouvement statique, je repense à une peinture de Edward Hopper que j’aime beaucoup, Chair Car. Finalement, voyager n’est qu’accentuer sa propre solitude.
La vie à parfois des airs de cinéma

Parfois on prend une photo sans savoir pourquoi. L’appareil traînait là ou il n’est jamais posé. Un rayon de lumière inhabituel et c’est toute une atmosphère qui se crée. Une expression sur un visage mélancolique et la vie prend des allures de cinéma. La bande son se contente de voitures qui passent dans la rue et de silences qui attendent. Il n’y a pas de scénario pour cette scène, mais seulement un instant suspendu dans le temps.
Chronique de la solitude ordinaire d’un parisien

Cela fait plusieurs années que je vis dans la ville du paradoxe. Paris est une ville que l’on contemple sagement, avec respect, comme on regarderait une peinture de la renaissance dans les couloirs chauffés du Louvre. Si l’on s’en réfère aux plaquettes, Paris est la plus belle ville du monde et les chiffres l’attestent, nous sommes le pays le plus visité au monde. On visite Paris comme on visite une pute, on paye cher, on est satisfait et on repart avec des souvenirs plein la tête. Mais un goût amer reste dans le fond de la gorge. Parfois cette ville ressemble à un sublime terminal d’aéroport nappé de brouillard. Plaque tournante du tourisme mondial, ferait-il bon vivre à Paris si l’on reste plus d’une semaine à visiter les monuments et musées ?
Avant d’être une ville de lumière, d’art et de mouvements bruyants, Paris est une ville où je rencontre des solitudes. Des solitudes diverses et variées qui, de la voisine quasi centenaire qui vit au dessus à l’étudiante arrivée direct d’Anvers, embrasse chaque jour mon regard. Tous ces chemins se croisent chaque matin sans jamais se rencontrer, des millions de vies prisent dans le mouvement des flux urbains. Chacun de nous est dans une rame de métro statique, une vitre nous sépare les uns des autres, on se voit, mais l’on ne s’entend pas, on bégaie des phrases, mais aucun son ne sort. Alors on passe son chemin et on retourne chez soi pour ne plus penser à rien.