Archive for the 'Les coulisses de la création' Category
From Finland
J’accompagne dans différents pays d’Europe le projet Glass is Tomorrow qui réuni autour du verre, les plus grands designers et verriers du monde. L’idée est de mettre en place à travers des workshops, des réflexions tant créatives que techniques autour de ce matériau. Voici quelques images faites à Nuutajärvi en Finlande qui montrent une partie du processus de création entre les designers et les verriers. La prochaine étape se déroule à Prague le mois prochain, une nouvelle occasion pour moi de faire des photos dans ces lieux si fascinants.
2 comsPatek Philippe
Après plus d’une année passée loin d’elles, me voici de nouveau en terres horlogères, à Genève et plus exactement à Plan-les-Ouates. Une seconde collaboration se met en place avec la maison Patek Philippe. Depuis trois jours, j’arpente les différents lieux de la manufacture, je rencontre les artisans, les collaborateurs ainsi que Philippe et Thierry Stern les présidents.
Ci-dessus, Paul Buclin, l’un des plus grands horlogers du monde. Cet après-midi, avant que je fasse son portrait, il travaillait sur le mythique Calibre 89, la montre de poche la plus compliquée du monde, sortie en 1989 pour marquer les 150 ans de la manufacture. Cinq ans de conception, quatre ans de fabrication. Le temps, l’outil principal de ces artisans.
3 comsShooting John Lobb in London
J’ai quitté hier soir le soleil londonien pour le ciel, bas et pluvieux, de Paris. J’y suis resté quelques jours dans le cadre d’un shooting pour la maison John Lobb avec laquelle j’avais auparavant réalisé différentes collaborations. Pendant que l’on était en train d’installer le matériel et d’habiller les modèles, j’ai pris cette photo avec mon téléphone. La scène se passe dans une des suites du Connaught, un hôtel situé dans le quartier de Mayfair. En la revoyant ce matin, je me dis qu’elle illustre parfaitement l’ambiance de ce shooting, je la partage donc avec vous. On y voit au centre Thomas, mon assistant tellement talentueux, à droite le styliste, on pourrait même entendre le mannequin qui s’habille à côté, se plaignant de n’avoir dormi que deux heures pour cause de fête tardive sur Brick Lane.
3 comsBaccarat – House of Crystal
Voici le fruit d’un long et passionnant travail. La maison Baccarat m’a donné carte blanche pour réaliser un projet vidéo et j’ai choisi de le faire dans les ateliers de la manufacture. Pendant trois jours et trois nuits nous avons filmé, dans la chaleur des ateliers, les hommes, leur savoir-faire et leurs créations.
Un grand merci à Guillaume Lacanal et Jonathan Lewis qui m’ont accompagné dans cette aventure.
N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce petit hommage fait aux artisans et aux savoir-faire de la cristallerie.
PS : La vidéo a été diffusée hier en exclusivité sur Fubiz et totalise déjà plus de 200 000 vues, merci à Romain et merci à vous de vous intéresser à ces métiers de l’ombre.
Une petite mise à jour pour vous dire que la vidéo vient de dépasser la barre symbolique des 300 000 vues, merci à vous tous.
14 comsMontréal with Jean Paul Gaultier
Mon immersion dans la maison Sotheby’s vient de prendre fin, avant de recommencer de plus belle dans quelques semaines. Je quitte des œuvres d’art pour d’autres œuvres d’art. Je laisse les cosmogonies vibrantes de Miró pour de longues robes à seins coniques. Je pars demain avec l’équipe Jean Paul Gaultier pour rejoindre le créateur à Montréal qui accompagne la préparation de sa toute première rétrospective. C’est au cœur du musée des Beaux-arts de Montréal que je vais me ressourcer et découvrir 35 années de création d’un de mes couturiers favoris. Je crois que je vais avoir beaucoup de choses à vous raconter.
Bon weekend à tous.
Sotheby’s
Enfant, je rêvais de me retrouver enfermé dans un magasin de jouets, seul, entouré de tous les objets de mes désirs et où les seules règles seraient celles de l’imagination.
Depuis quelques jours les contours de ce fantasme deviennent plus nets. Même si quelques années me séparent de mon enfance, j’ai la chance d’y replonger à chaque nouvelle collaboration. Aujourd’hui, je me retrouve à m’émerveiller chaque matin qu’en j’entre dans la plus vieille maison de vente aux enchères du monde, Sotheby’s.
Être totalement libre de tout, dans les lieux les plus fermés et sécurisés du monde, voilà ce qui est grisant. Je suis presque seul ce soir, entouré d’œuvres d’art, je les entends parler entre elles et me raconter leurs histoires. J’écoute, assis dans ce musée imaginaire.
Je déambule entre un César et un Tinguely, je frôle un Jeff Koons, longe un Martial Raysse, touche un César, soulève un châssis et découvre un Picasso, puis m’arrête devant un Miró. Le temps se fige, j’ai le cœur qui bat et le jeu finit par prendre le pas sur le travail. Je pose mon appareil, m’assoies et profite.
Derrière une planche de carton, posé contre le mur, se cache un sublime Miró estimé à pas moins de 3M d’euros. Mais étrangement, le vertige ne vient pas tant du prix que de la beauté de la toile.
La position du porteur me fait penser à un Christ en croix et semble dialoguer avec les Red Pop de Serrano.
9 comsBaccarat, corps de cristal
Il m’arrive parfois de participer à des conférences durant lesquelles on me demande de parler du regard que je porte sur l’univers du luxe ou encore celui de la mode. Avant de développer quoi que ce soit, je commence toujours par parler du savoir-faire, du travail en atelier et des petites mains, bien avant de venir à parler du produit final. Puis, j’essaie d’expliquer ce qui fait la rareté et le prix de ce type de création. A travers mes reportages, c’est tout cela que j’essaie de mettre en avant. Valoriser ceux qui font, ceux qui sont dans l’ombre. Souvent, une photo vaut mille discours.
Je vais vous parler aujourd’hui d’une maison qui me tient à cœur, celle de la cristallerie Baccarat. Pour tout dire, avant cette première rencontre je connaissais peu de choses de la manufacture. Je vois parfois leurs créations chez des amis ou dans certains lieux, j’ai aussi entendu parler de leurs collaborations avec des designers comme Starck, mais rien de plus. Baccarat est une maison dont le nom m’a toujours été familier mais dont je ne connais qu’une infime facette.
Cette histoire a commencé par une rencontre amicale puis a donné naissance à une collaboration qui me challenge et me passionne. Avant tout et comme à mon habitude, j’ai demandé à visiter les ateliers et à rencontrer ceux qui, dans l’ombre et la chaleur, fabriquent ces fascinants objets. Tout en parcourant chacun des ateliers, on m’a raconté l’histoire des lieux et de la manufacture. Je me suis immergé durant plusieurs jours pour comprendre tous les mystères, puis j’ai commencé à photographier et aujourd’hui je raconte.
On m’avait prévenu, mais mes premiers pas dans la fabrique sont un choc visuel et émotionnel. J’ai visité de nombreux ateliers, des dizaines, mais je n’avais pas ressenti cet étrange sentiment de contrastes si intenses. Lorsque j’entre dans ce qu’on appelle les Ateliers à chaud, une évidence me vient ; puissance et délicatesse, ne se sont jamais aussi bien côtoyées qu’ici.
La photo ci-dessus, montre des essais de couleurs par un maître verrier. Le cristal est soufflé comme un ballon pour voir sa transparence et sa perfection.
Baccarat, la lumière des gestes
Voici une seconde partie où je donne à voir tous ces gestes, ces rituels répétés inlassablement avec la plus grande précision. J’ai souvent montré la chorégraphie des petites mains de la haute couture, voici cette fois celle des verriers, des souffleurs, graveurs, polisseurs et autres artisans qui travaillent le cristal.
Comme dans tout artisanat de luxe, l’excellence et le temps sont nécessaires. Du temps, beaucoup de temps. De longues et nombreuses étapes qui font passer le cristal de main en main, de l’atelier à chaud à l’atelier à froid, du souffleur à la trieuse puis du polissage et à la gravure.
Les gestes, plusieurs fois centenaires, s’accomplissent sous mes yeux, donnant vie à ces boules de magma. Ici, la pose du pied et de la jambe d’un verre. Tel un long fil de soie que l’on dépose à la surface du verre et que l’on vient étirer puis couper.
Ce souffleur me fait penser à Miles Davis, même façon de courber le dos et de rapprocher l’instrument de sa poitrine et même mélodie sublime et silencieuse.
Je vous laisse maintenant découvrir en silence toutes ces scènes qui au moment où vous me lisez et ce depuis 1764, se déroulent dans la manufacture de Baccarat.
Baccarat
Ceux qui me suivent sur mon Twitter ou mon Facebook auront compris que je viens de débuter une très belle collaboration avec la maison Baccarat. Celle-ci donnera naissance à de nombreuses réalisations qui prendront différentes formes. Je reste un peu évasif pour le moment, mais j’ai hâte de pouvoir vous en montrer plus. J’ai le sentiment que l’on a tous une petite histoire avec cette cristallerie, un souvenir d’enfance, la forme d’un vase sur le buffet d’un oncle. Dites-moi si des souvenirs vous reviennent, je serais curieux de les connaître.
J’arrive tout juste de la ville de Baccarat et voici les deux premières photographies que je viens de sortir.
Dans l’atelier Christian Dior
Samedi dernier j’ai assisté au défilé Christian Dior qui marquait la fin de la collaboration avec la maison et le créateur John Galliano. Une ambiance lourde et silencieuse pesait dans l’enceinte du musée Rodin, tandis qu’à l’extérieur l’agitation régnait sous toutes ses formes.
Avant le show, le président Sidney Toledano fit un discours dans lequel il mettait les petites mains à l’honneur, puis, lors du salut final (photo ci-dessous) ces mêmes petites mains venaient faire le salut.
Je me suis alors souvenu du reportage que j’avais fait dans les ateliers couture 2 jours avant le défilé qui avait lieu début juillet 2009. L’un de mes projets photographiques depuis plusieurs années, étant de mettre en avant les savoir-faire et les artisans qui sont les clés de voûte, trop souvent dans l’ombre, de l’univers du luxe et de la mode.
Ce billet est un reportage que j’ai réalisé et mis en ligne le 7 juillet 2009.
Vous pouvez voir aussi une autre série de photographies sur : La danse des mains dans la maison Dior
Il arrive parfois qu’un petit miracle se produise et que telle Alice, on puisse traverser le miroir et ainsi découvrir un monde jusque là inaccessible. Le jour précédent le défilé Dior haute couture (dont je vous montrerai les photos dès demain), j’ai eu le privilège, jusque là réservé aux seules télévisions, de pénétrer l’Atelier Christian Dior.
C’est la gorge serrée et le cœur rempli d’émotions que j’ai pu accéder à ce sanctuaire et voir la magie opérer. Une magie silencieuse où les uniques sons que l’on peut entendre sont ceux des tissus qui glissent sur les tables, des ciseaux qui découpent et dessinent. Une belle et lente chorégraphie colorée, des mains jouant avec une dextérité parfaite, cousant ici un sequin, ici un diamant, ici une plume.
Les ouvrières donnent vie au croquis de John Galliano.
L’espace se compose de deux ateliers. Le premier est l’atelier « flou » où sont élaborés robes et chemisiers dans des tissus souples, le second est l’atelier « tailleur » où cette fois-ci, ce sont les tailleurs, vestes, jupes et pantalons qui sont réalisés.
Un voyage par delà les mots, je vous invite donc à voir d’autres photos en cliquant ci-dessous.
Chaque ouvrière a son Stockman et réalise entièrement sa robe.
Atelier « tailleur »
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