Anis


Rimbaud et Verlaine unis dans la même ivresse pauvre, s’aimant dans le berceau d’un spleen Baudelairien. La beauté douloureuse du visage de Glenn Gould jouant les Variations et marmonnant ses sentences chamaniques qui résonnent comme le grincement d’un tabouret. Autant d’images et d’émotions fragiles partagées en présence d’Anis. Laissant glisser ses doigts sur les cordes de sa sensibilité sans jamais la dévoiler, il s’infiltre lentement dans nos souffrances et nos plaisirs.
Il porte à sa main une guitare comme d’autres portent leurs fantasmes, le costume sobre et soyeux tombant élégamment sur des chaussures méthodiquement cirées. Dandy chic qui me rappelle le Gainsbourg des débuts, quand il chantait encore Le claqueur de doigts. Parce que l’humilité crée le respect, il s’habille de la plus belle manière, pour donner ainsi, un peu de l’amour qu’il reçoit du public.
Vous pouvez retrouver ce billet chez Darkplanneur en cliquant Ici.
Cliquez ci-dessous pour voir le clip de sa chanson Cergy.
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Sliimy


La vie est faite de rencontres hasardeuses et étranges mais qui résonnent comme des évidences. Il y a quelques jours, je trouve un CD sur le rebord d’un bureau, ma curiosité est attisée par un étrange graphisme et un nom qui ne l’est pas moins, Sliimy. Je rentre chez moi et mets le disque en ne m’attendant à rien. Les premières notes commencent et je me retrouve déjà à l’arrière d’un wagon de manège fou poussé à pleine vitesse. Comme Dan Aykroyd dans le film Blues Brothers, je me retrouve pris par le démon de la musique, ma tête dodeline malgré moi au rythme de la mélodie et de cette voix sortie tout droit d’une boite de Quality Street.
La chanson s’appelle Wake Up, l’artiste ébouriffant et ébouriffé s’appelle Sliimy et vous pouvez voir le clip et d’autres photos en cliquant ci-dessous.
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Bouton d’Or


Une anecdote m’est revenue en croisant ce jeune homme, le bleu du ciel pour pantalon et le gris sale des briques pour décors. Perçant dans ce sombre paysage fumé par le verre des Ray Ban, quelques boutons d’or.
Les boutons d’or. Je me souviens de ce jeu, où enfant, on s’amusait à mettre sous le menton d’un ami, cette fleur appelée bouton d’or, pour voir s’il aimait le beurre. On ramassait ces fleurs dans les champs qui bordaient à perte de vue nos maisons, aujourd’hui c’est dans les parcs parisiens que je retrouve parfois ces petites fleurs.
J’admets bien volontiers que ce texte est un chouïa bucolique et nostalgique voire fleur bleue, mais c’est probablement parce que la campagne me manque un peu. Mais en ce moment, j’ai à peine le temps de penser à tout cela. Aujourdh’ui, gros shooting, le stress monte car les enjeux sont importants pour moi, un nouvel assistant que je ne connais pas encore mais que j’ai hâte de découvrir, Yann, merci d’avance.
Vivre mille vies et n’en regretter aucune.
Absolute Vintage


Je suis de retour à Paris mais il me reste quelques images de mon dernier séjour à Londres. Notamment ce couple de jeunes filles rencontré sur Brick Lane, avec au bras un sac provenant de la boutique Absolute Vintage qui se trouve au 15 Hanbury St. Un quartier version underground chic, pas tout à fait bobo car plus intense et prenant.
Une bière dans la main, une bouteille de Volvic dans l’autre, un détail qui synthétise cet univers un brin décadent mais malgré tout très propre sur lui. « Seize the day » disaient-ils, n’ayant que pour écho un « No futur » gravé dans l’acier. Quand deux extrêmes se rejoignent il y a forcement création d’une nouvelle force, d’une nouvelle œuvre. Une nouvelle génération pleine d’espoir et d’attente qui baigne dans le regret des erreurs passées.
Eat, drink and be merry, for tomorrow we die
7 comsCloudy day


Penseur absent qui regard les nuages comme on regarde une femme qui s’enfuit. Une rencontre volée dont le décor est le quartier de Shorditch dans l’est de Londres. Les passants se perdent entre les gouttes de pluies fines qui se posent sur les cils et brouillent les perspectives. Le rouge des briques semble couler comme le mascara d’une vieille femme triste.
J’avance à travers les rues la tête rentrée dans les épaules pour ne pas souffrir du vent et je repense à ce passage d’Oliver Twist, qui se déroulait dans le quartier de Shorditch, « Ce fut par une triste matinée qu’ils se mirent en route ; le vent soufflait avec violence, et la pluie tombait à torrents ; des nuages sombres et épais voilaient le ciel (…). »
Et encore une fois, il y a le vieux Dylan qui s’épuise dans mes oreilles à murmurer son éternelle et bouleversante poésie. Blowin’ in the wind, encore un signe qui m’annonce que je dois rentrer au plus vite, mon corps comme une feuille, ne supporte plus le froid. Bonne semaine à toutes et à tous.
Le Cavalier prend la Tour, Checkmate


Un peu absent ces derniers temps, un peu loin de Paris, un peu pris par d’autres sujets photographiques. Je suis tranquillement mon fil d’Ariane, en frôlant les murs pour échapper un peu à la lumière et en prenant garde à ne pas croiser le Minotaure qui rôde, assoiffé de vide. Le temps se contracte, les distances se raccourcissent et les mots des autres s’adoucissent comme une madeleine trempée dans du café tiède. Seul l’objectif devant son œil devient le véritable révélateur de soi même, de ses forces et de ses doutes.
Brick Lane’s man


Souvent Londres se réveille comme Paris s’endort. Remplie d’énergie et d’envie, cette ville respire bruyamment comme un enfant qui cherche son sommeil. Il est minuit dans cette chambre d’hôtel de Trafalgard square, il est minuit dans cette ville somnambule qui depuis longtemps n’est plus rythmée par la relève de la garde.
Être à Londres pour quelques projets en devenir, être à Londres pour les promenades venteuses dans Soho et les magasins vintage de Brick Lane embaumés de senteurs de curry. Être à Londres aussi et surtout pour faire partager des petits moments de vie et des rencontres avec des personnages hauts en styles et en couleurs.
Être finalement le même, mais ailleurs, tout en cherchant désespérément à se renouveler.
Bons baisers de Londres.
La Fratrie


Encore une drôle de rencontre de deux frères artistes, La Fratrie, qui créent comme deux miroirs se faisant face, se reflètent à l’infini. Miroirs inversés et déformants, ils fusionnent et font corps avec leur œuvre. L’artiste devient bicéphale et la partition se joue à quatre mains comme une symphonie de Bach. Semblable dans la différence, chacun d’eux exprime son unicité tout en mimant l’autre. Une belle rencontre au Slow loft, sous le signe de la création.
Vous pouvez découvrir une de leur création ainsi que le texte de Lætitia Chauvin, dans la suite.
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Sometimes I dream I’m Larry Clark



Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux images de Larry Clark, d’adolescents enlacés à l’arrière de vieilles Buick déglinguées, quand on m’a demandé de faire un rapide shooting dans la nouvelle voiture de Nissan, la « Cube ». Une voiture qui annonce une nouvelle philosophie de conduire, un nouveau style de vie. J’ai donc pensé voiture évidemment, mais j’ai pensé lieu de vie, lieu de détente, de rire et de plaisir.
Vous pouvez trouver d’autres informations sur cet événement ICI
Merci beaucoup à Rebecca, qui nous arrive directement des États-Unis, pour avoir posé avec tant d’énergie.

Black Panther


Nonchalance d’une silhouette parfaite qui arbore sa féminité comme une gifle donnée aux passants. Nul besoin d’un style sophistiqué et d’accessoires inutiles quand le corps s’avère indépassable de beauté. Pour ne pas trahir une courbe, il suffit de la suivre au plus près. Le legging qui épouse les jambes comme une seconde peau, ne rajoute rien, il ne fait que mettre en valeur ce qui doit être caché. Le style doit accompagner la subtile mélodie du corps sans jamais la trahir. Savoir s’habiller c’est avant tout connaitre son corps, ses qualités et ses défauts, pour ainsi ne pas faire de fausses notes. Les tendances se moquent parfois complètement du style et de l’élégance, voire même du simple bon gout. Certains se mettent à porter un habit ou un accessoire par simple conformisme, par identification à des modèles imposés, il en va d’ailleurs de la mode comme de tous les autres domaines. La mode du legging en est l’exemple parfait, on le croise partout dans les rues alors qu’il ne va quasiment à personne, vulgarise n’importe quelle silhouette, raconte une toute autre histoire que celle qu’il devrait inspirer. Mais il arrive parfois au hasard d’une rencontre, qu’un petit miracle se produise, alors on se tait et on admire.
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