Christian Dior. Fly me to the moon.
Un retour à mes premières amours, les backstages de défilés. Tous sont là, le chapelier Stephen Jones, la maquilleuse Pat Mcgrath, le coiffeur Orlando Pita et leurs assistants. Chacun dévoile son savoir-faire, dans la chaleur et le bruit, avant que le défilé Dior ne commence.
3 comsLanvin, behind the scene
Cette saison, la maison Lanvin m’a demandé de photographier le défilé homme en me laissant carte blanche. Le rendez-vous a lieu à 8h à la Bourse du Commerce. Le ciel bleu de Paris illumine l’immense dôme et les 37° qui s’annoncent ce jour-là commencent à s’installer avec lourdeur. En backstage, les mannequins sont en train de se faire coiffer, certains finissent leur nuit allongés dans un coin, d’autres prennent un café en écoutant de la musique.
Il est maintenant 9h, le défilé commence dans 2 heures et les répétitions se mettent en place. On lance la musique, les lumières s’allument et le premier mannequin sort des coulisses, je m’assois à côté d’Alber Elbaz et assiste à la chorégraphie qu’il mène avec Luca. Cela m’a fait penser à cette série que j’avais faite l’année dernière. Pris sur le vif, le créateur posant la dernière touche à son œuvre.
Deux heures plus tard, j’assistais à l’une des plus grandes ovations qu’un public ait donné à la fin d’un défilé.
Merci à tous et bonne semaine.
L’homme Dior
Voici rapidement quelques images que j’ai prises de la collection Dior Homme, Less and More, printemps-été 2012.
3 comsKris Van Assche
Entre ombre et lumière, une rencontre avec Kris Van Assche, créateur de sa propre marque et directeur artistique de Dior Homme. Un personnage timide, touchant, au brin de voix à peine perceptible, mais qui laisse exploser ses silences dans la lumière de ses collections.
Voici un portrait de lui fait hier soir, un portrait en forme de prière, murmuré.
Bonne semaine à tous.
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Jean Paul Gaultier
Je me promenais dans les couloirs du musée des Beaux-Arts de Montréal quand par hasard, j’ai ouvert cette porte ou étaient entreposés ces mannequins, immobiles, silencieux, baignant dans le soleil matinal de la rue Sherbrooke. Tout le travail du créateur m’est revenu ainsi que ses parfums, des bustes d’hommes et de femmes soufflés dans le verre. Des corps à la nudité sans honte, allongés et emmêlés.
Je suis allé de suite chercher Jean Paul Gaultier pour lui dire de m’accompagner ici, qu’il s’assoie au milieu de ce boudoir sadien et factice pour que je puisse faire cette photo.
De la rue aux étoiles. L’exposition Gaultier à Montréal
De la rue aux étoiles, de Paris à Montréal, un océan nous éloigne mais ne nous sépare pas. J’arrive tout juste du Canada où j’ai été plongé presque littéralement au cœur de la maison Jean Paul Gaultier. J’ai pu côtoyer prés de 30 années de création rassemblées au sein du Musée des Beaux arts de Montréal. C’est la toute première exposition qu’un musée consacre à l’ensemble de l’œuvre de « l’enfant terrible de la mode » comme le surnommait la presse dès les années 1970.
Au delà des œuvres il y a un homme et une équipe, tous fidèles de la première heure. C’est à leurs cotés que j’ai arpenté les coulisses de l’exposition, pris l’avion, visité les rues remplies de douceur de Montréal et parler de tout, sauf de mode. Le plus marquant est Tanel, muse, égérie masculine et collaborateur depuis plus de 26 ans. Puis vient Farida, double féminin de Tanel, prise elle aussi dans le tourbillon créatif de la maison de couture.
J’ai toujours appréhendé l’univers de la mode et du luxe à travers le prisme des hommes, pour ensuite m’approcher des créations et des produits. Entouré du créateur, de ses muses et de son équipe, l’entrée en matière fut donc parfaite.
Voici quelques photos que j’ai prises de mes pièces préférées. Cette robe fait partie de la collection Les hussardes, il s’agit du modèle de La mariée, haute Couture automne-hiver 2002/03
11 comsJaime Hayon
Mon voyage avec la maison Baccarat continue. Aujourd’hui je m’arrête quelques instants avec le designer Jaime Hayon qui me présente sa Zoo, fruit d’une nouvelle collaboration avec la manufacture. Une ménagerie à l’ancienne où les animaux sont faits de cristal et de porcelaine.
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Montréal with Jean Paul Gaultier
Mon immersion dans la maison Sotheby’s vient de prendre fin, avant de recommencer de plus belle dans quelques semaines. Je quitte des œuvres d’art pour d’autres œuvres d’art. Je laisse les cosmogonies vibrantes de Miró pour de longues robes à seins coniques. Je pars demain avec l’équipe Jean Paul Gaultier pour rejoindre le créateur à Montréal qui accompagne la préparation de sa toute première rétrospective. C’est au cœur du musée des Beaux-arts de Montréal que je vais me ressourcer et découvrir 35 années de création d’un de mes couturiers favoris. Je crois que je vais avoir beaucoup de choses à vous raconter.
Bon weekend à tous.
Alex
Le visage lisse et provocateur, comme échappé d’un roman de Salinger, il me replonge dans 100 ans de vies que je n’ai pas connus. Il porte ses 20 ans comme d’autres portent leurs regrets et nargue ceux qui brûlent de nostalgie. Ce garçon à la cigarette, c’est Alex Dunstan, un des premiers mannequins que j’ai pris en photo à mes tout débuts. Depuis je le recroise régulièrement et je cherche à chaque fois à refaire cette première photo, cette photo originelle, sans technique, ni fard. Voici un nouvel essai, un visage lisse et un mur décrépi.
5 comsSotheby’s
Enfant, je rêvais de me retrouver enfermé dans un magasin de jouets, seul, entouré de tous les objets de mes désirs et où les seules règles seraient celles de l’imagination.
Depuis quelques jours les contours de ce fantasme deviennent plus nets. Même si quelques années me séparent de mon enfance, j’ai la chance d’y replonger à chaque nouvelle collaboration. Aujourd’hui, je me retrouve à m’émerveiller chaque matin qu’en j’entre dans la plus vieille maison de vente aux enchères du monde, Sotheby’s.
Être totalement libre de tout, dans les lieux les plus fermés et sécurisés du monde, voilà ce qui est grisant. Je suis presque seul ce soir, entouré d’œuvres d’art, je les entends parler entre elles et me raconter leurs histoires. J’écoute, assis dans ce musée imaginaire.
Je déambule entre un César et un Tinguely, je frôle un Jeff Koons, longe un Martial Raysse, touche un César, soulève un châssis et découvre un Picasso, puis m’arrête devant un Miró. Le temps se fige, j’ai le cœur qui bat et le jeu finit par prendre le pas sur le travail. Je pose mon appareil, m’assoies et profite.
Derrière une planche de carton, posé contre le mur, se cache un sublime Miró estimé à pas moins de 3M d’euros. Mais étrangement, le vertige ne vient pas tant du prix que de la beauté de la toile.
La position du porteur me fait penser à un Christ en croix et semble dialoguer avec les Red Pop de Serrano.
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