Archive for octobre, 2008
Rocky silence

S’il n’y avait pas eu cet homme, main sur la bouche, qui précédait cette dandy rockeuse, je crois que je n’aurais pas gardé cette photo, trop sombre, pas assez contrastée. Le discours a surpassé la technique et c’est pour moi le principal. Cela m’amène à penser qu’il y a des personnes qui respirent et transpirent la musique, le son, la rythmique, leurs mouvements sont des vibrations sonores, leurs cheveux donnent la cadence et leurs pas, le flow. Il y d’autres personnes au contraire qui, silencieuses, passent à coté de vous sans que vous n’ayez ressenti quoi que ce soit, ni bruit, ni odeur, ni vibration. Peut-être cela s’appelle t-il le charisme ?
Esplanade de Beaubourg, Paris.
Les trois âges de la vie

“La vie est un vaste théâtre où chacun joue son rôle puis s’en va ” Cette phrase est extraite d’une pièce de Shakespeare s’intitulant Comme il vous plaira. C’est pour moi un des textes les plus importants relatant la condition humaine.
J’ai pensé à ce texte en découvrant cette photo que j’ai prise le week-end dernier en me promenant dans le jardin des Tuileries. Sur l’instant, la scène que je venais de prendre en photo ne m’avait pas marqué et c’est seulement en la revoyant plus tard, qu’elle m’a ému profondément. Je m’émeus rarement, mais ça arrive, de mon propre travail et j’ai été ravi d’avoir pris cette petite scenette du théâtre de la vie quotidienne. Au fond, dans la lumière, les deux adolescentes insouciantes, au milieu, le père et son petit enfant qui fait ses premiers pas et au premier plan, la vieille femme fragile au bras de sa fille soucieuse. La vie est belle, parce que fragile et instable.
Blogueuse Addict

Wow ! Là, il n’y a vraiment rien à redire. Du pur style en toute simplicité, comme j’aime. Aucune faute de goût, plein de nonchalance, une silhouette recherchée mais sans être prise de tête. A n’en pas douter, elle doit être branchée à fond sur les blogs de nos chères blogueuses. On sent l’influence d’une Punky B ou d’une Nizzagirl. Le Perfecto, la frange ainsi que l’inénarrable chemise à carreaux rouges que tout le monde (comprendre un groupuscule de fashion addict) s’arrache.
Quand je me balade dans la rue et que je croise certains styles, je ne peux m’empêcher de me dire que cette fille s’est inspirée de telle blogueuse ou telles autres. J’en viens même à me dire qu’il y a un véritable “Style” Blogeuse, mais je vous détaillerai tout cela dans un prochain billet.
Patricia Kaas dans le Cabinet de Curiosités



Pour la sortie de son nouvel album Kabaret, Patricia Kaas nous a accordé sa première interview en exclusivité mondiale (Argh ! J’adore utiliser ces termes emphatiques et pompeux à souhait !), pour le Cabinet des Curiosités de mister Darkplanneur (dit Eric Briones, vous le verez dans la suite des photos, maquillé tendance Orange Mécanique). Pour ceux qui aiment ou ceux qui tout simplement seraient curieux, vous pourrez découvrir l’interview de Patricia Kaas chez Darkplanneur d’ici quelques jours. Pour finir je veux faire une spéciale dédicace à Thomas Mondo, La Pravda et mister SerialBuzzer, que j’ai hâte de retrouver mercredi pour la suite des aventures.
Je vous invite à découvrir toutes les photos, en cliquant ci-dessous !
Telle mère, telle fille ou le miroir inversé

Chaque génération a ses propres codes, mais quand tout se mélange, quand maman chipe à sa fille et inversement, alors se créent de nouvelles tendances. Dans le cas de cette mère et de sa fille, la variation fonctionne plutôt sur le thème du miroir inversé, on imagine tout à fait la mère il y a 20 ans et la fille dans 20 ans. Comptoir des cotonniers s’est imaginé en rassembleur, assez fade, des tendances et des générations et la rue lui répond que rassembler, ne doit pas être, uniformiser.
Photo prise dans le jardin des Tuileries, Paris.
“Etudes de styles” par Margaux Motin

Pour cette seconde édition d’Etudes de styles, j’ai cette fois ci demandé à l’excellentissime illustratrice et blogueuse, j’ai nommé Margaux Motin (découvrez son blog ICI !), de décrire cette photo que j’ai prise de Louise, belle et charismatique égérie. L’humour de Margaux, son talent de la narration et son dessin en font l’une des illustratrices les plus prisées et aimées de sa génération. La mode, la vie de famille, le quotidien banal, le regard de Margaux se pose sur tous les petits travers de la vie, nous faisant rire de nous même. Une illustratrice de la comédie humaine, tout simplement. Je lui laisse maintenant la place.
Louise a 4 ans ½ à tout casser.
Louise s’est glissée dans les boots un peu trop grandes de sa maman, elle a chouré les ciseaux de cuisine et s’est taillée une longue frange dans sa jolie chevelure de fée.
Sur le guéridon dans l’entrée, près des cigarettes et des clefs, elle a trouvé une paire de lunettes.
C’est parfait une paire de lunettes.
Elle aurait aimé fumer la pipe, elle trouve qu’avec sa petite robe noire, ça lui aurait donné une classe folle. Mais Louise a 4 ans ½, on ne fume pas à cet âge là.
Elle a fait la grande, un peu fière, jusqu’au bas des marches, déjà qu’elle s’est pas cassée la figure, c’est pas rien nan ?
Louise, elle se regarde du coin de l’œil dans le grand miroir et elle se dit que tiens, c’est drôle quand même, elle ressemble à un dessin. Sa silhouette toute noire et découpée comme ça, on dirait un coup de pinceau habile sur une feuille blanche. Elle a l’air d’une jolie tache d’encre en fait. Ca lui donne envie de sauter dans les flaques de boue d’un coup.
Alors vite elle croise les jambes devant, croise les bras derrière, s’emprisonne toute seule dans son corps de grande pour ne pas risquer de se laisser aller à une quelconque bourde enfantine.
Elle voudrait regarder comme les franges et les volants de sa petite robe tournoient quand elle fait la toupie.
Elle voudrait regarder les lumières multicolores sur le mur derrière elle.
Alors Louise tourne le dos, regarde dans la direction opposée, et se force à la posture des enfants sages.
Louise a 20 ans.
Elle a natté ses cheveux hauts pour dégager sa nuque pale.
Fardé ses joues du rose des premières fraicheurs de l’hiver, celui des filles gourmandes qui croquent les pommes a pleines dents.
Louise a 20 ans. A 20 ans on se joue des codes. Elle a ourlé ses yeux de noir, cerné l’ourlet de lunettes, bordé les lunettes de sourcils sombres et curieux, soulignés les sourcils sombres et curieux d’une frange.
Et sous les contours et contours et bordures et frontières, juste le blanc. La peau. Grâce d’une clavicule, tendresse d’une épaule.
Louise a 20 ans et à 20 ans on sait que c’est sur ces charnières charnues que repose finalement le monde.
Le reste collants, bottines, robe n’est que la gracile colonne de marbre noir qui sert à mettre en lumière en son sommet tête, bouche, clarté, charme, espièglerie.
Margaux Motin

Quartier de Beaubourg - Perfect Day

Un rendez-vous prévu, dimanche matin, 10h, devant Beaubourg. Je dis ok, sans me poser trop de questions car il fait parti de ces rendez-vous qu’on ne refuse pas. Je suis en avance, je me promène dans les rues parallèles au musée. La rue Quimcampoix se réveille doucement et le boulevard Sébastopol se bagarre déjà avec les klaxonnes. Il fait froid mais beau, enfin, aussi beau qu’il puisse faire à Paris. Le beau est toujours un peu teinté de gris, mais soit, la pollution est la dîme du citadin. La lumière est malgré tout très belle ce matin, je sors mon appareil car on ne sait jamais. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression à ce moment là d’être Clay, le personnage de Bret Easton Ellis dans le livre Less than Zero. J’erre, comme ça, sans réel but, porté par la lumiere que laissent passer les immeubles. Il me vient à ce moment là dans la tête cette chanson de Lou Reed, just a … Perfect Day.
Photo prise dimanche matin, rue Aubry le Boucher, Paris.
Clarté automnale

Et oui, encore une photo prise rue Vieille du Temple. Mais ce n’est vraiment pas de ma faute je vous jure, c’est pas que je manque d’imagination ou encore que j’habite ici, c’est juste que dans cette rue je mange les meilleures crêpes de Paris. Je ne vous dévoilerai pas tout, mais c’est au 109. A bon entendeur, salut ! Et comme on dit en Bretagne, Adieu-vat. ![]()
Bloody Mary

4 cl de vodka, 12 cl de jus de tomates, 0.5 cl de jus de citron, 0.5 cl de sauce worcestershire, 2 gouttes de tabasco. Shakez le tout avec des glaçons, puis ajoutez le sel de céleri, le sel et le poivre à votre guise. Je conçois bien que le rapport entre la photo et le sujet présent, ne soit pas évident, mais j’avais juste envie de vous donner la recette de mon cocktail préféré, le Bloody Mary.
Le pli est une femme

La beauté silencieuse de cette silhouette gracieuse et sombre semble loin, difficile à appréhender, presque vaporeuse. Le pli, large, se déploie sur le velouté d’une peau souple et blanche. Le pli du tissu enlaçant les plis de la peau, passant de la clarté à l’obscurité, du visible au caché, le pli est une femme. Tiens, ça me fait penser au livre de Deleuze qui s’appelle justement “Le pli, Leibniz et le Baroque”, je le conseille d’ailleurs à tous ceux, créateurs ou non, qui aiment l’art et la mode !
Ravaillac No futur !

Dans les rues de Paris, parfois, entre deux gaz d’échappements, ça sent bon la soupe de grand-maman, mais quand tout à coup, soudainement, on se met à dire “Fuck” à grand maman et qu’on balance son sac en osier avec la galette et le petit pot de Nutella, nous entrons dans la phase, dite du conflit de générations. Rien de tel alors qu’un bon mélange de tradition française à la Ravaillac et de revival néo punk “so british” pour calmer les ardeurs de chacun.
La morale de l’histoire, c’est que quand la mode oublie de se démoder et qu’on a plus rien à se mettre, il reste toujours les tiroirs de grand-maman.
Rue du Roi de Sicile, IVème, Paris


