Au cœur de la Maison Lanvin

Albert Elbaz (avec les lunettes) & Lucas Ossendrijver, Lanvin
Il y a des rencontres que l’on n’oublie pas, surtout quand il s’agit de la maison Lanvin et de ses créateurs Albert Elbaz et Lucas Ossendrijver.
Mes premiers pas au sein de cette maison sont accompagnés d’un énorme éclat de rires qui retentit au moment même où je pénètre dans l’immense salle du Palais de Tokyo. Je suis à peine entré que j’entends au loin une voix masculine parler en anglais. Un public lui répond par des rires.
Je pénètre la zone de défilé et découvre deux hommes faisant face à un groupe de personnes, qui se trouve être le staff Lanvin. L’un des deux tient un micro, l’autre est légèrement en retrait, lui aussi un peu spectateur. Le premier est plutôt petit et d’un embonpoint certain, habillé tout de noir avec de grandes et larges lunettes à montures noires. Le second est grand et svelte, le visage allongé et les mains fines.
Deux physiques antinomiques qui semblent étrangement former un couple parfaitement accordé.
Le premier s’appelle Albert Elbaz, directeur de création de Lanvin, le second est Lucas Ossendrijver, directeur artistique de Lanvin Homme, tout simplement.

Les deux créateurs font les derniers arrangements quelques secondes avant le défilé.

Il est 10h du matin ce dimanche, dans le 16ème arrondissement de Paris et Albert Elbaz fait un show devant un parterre déjà conquis. Le défilé commence dans une heure et il s’agit de détendre l’atmosphère tout en rappelant les fondamentaux de la maison.



Longchamp, a family affair

Jean Cassegrain, directeur général et petit-fils du fondateur de de Longchamp
Mon histoire avec la maison Longchamp commença par un choc émotionnel plutôt radical. J’étais à mon bureau en train de trier des photos quand j’ai reçu un coup de fil m’invitant à une rencontre avec Kate Moss.
- “Si je veux bien la rencontrer ? Il vous faut une réponse rapide ? Oui, ben oui. Je veux dire là oui tout de suite c’est oui. Et c’est quand ? Oui, ok parfait. Et c’est où ? Au Ritz ! Ah oui quand même, elle s’en fait pas. Oui ben oui. A mardi alors !”
Kate Moss, la même qui a passé des années face à moi, me fixant avec intensité. Je n’ai jamais vraiment été du genre groupie, mais je me souviens parfaitement avoir découpé dans un magazine puis épinglé face à mon bureau, la célèbre et terriblement sensuelle photo en noir et blanc de Mario Sorrenti pour Obsession, où l’on voit Kate, très jeune, allongée nue sur un canapé et fixant l’objectif.
Mes ennuyeuses dissertations furent donc agrémentées pendant des années du regard et des fesses de Kate. Je dois donc beaucoup à Kate. Eh oui, messieurs les professeurs, ce n’est pas à vous que je dois mon Bac, mais bien à la cambrure de Miss Moss.
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Julien Fournié, vaporeuse sensualité

Il est 16h ce mardi 26 janvier et je marche le long du Passage du Désir dans le 9ème arrondissement de Paris. Direction le défilé Haute Couture de Julien Fournié qui a lieu au sein de l’agence Betc Euro RSCG. Le temps est gris comme la gare de l’Est à côté.

La décrépitude des murs contraste avec le volupté soyeuse des corps. Entre Ingres et Delacroix, j’ai le sentiment d’errer dans un tableau vivant.

S’émouvoir de la beauté, sans la toucher ni sans la désirer. La regarder comme on regarde un tableau.

Parfois la nudité se cache derrière le voile pudique de la timidité. Deniers instants de calme avant l’explosion du show.

Dans la salle aux murs jaune et au plafond en forme de dôme, je reconnais Julien Fournié, un fer à repasser à la main, appliqué à l’extrême, déplissant le tissu soyeux d’un énorme nœud aux boucles larges, cousu dans le dos d’une robe.

C’est une étrange et grande poupée désarticulée qui semble s’être perdue dans un conte qui n’est pas le sien. Comme une petite danseuse sur une boite à musique arrêtée, elle me fixe et me trouble.
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Dans les coulisses de Christian Dior

La semaine de la Haute Couture continue. Voici donc, comme un avant gout furtif, quelques images prisent lors du défilé Christian Dior couture puis dans les backstages tandis que maquilleurs, coiffeurs, manucures et mannequins s’affairent à magnifier les silhouettes.

Dans les backstages, les visages se dévoilent et les regards se croisent. Comme près d’une tour de Babel, j’entends parler dans toutes les langues, russes, anglais, allemands, portugais, etc. Ces visages, ces lèvres effleurées par des pinceaux colorés, ces cheveux brossés et ses cous poudrés me font penser à un tableau de Van Dongen.

Lorsque les filles défilent, le temps s’arrête, les projecteurs s’allument, on lance la musique et elles entrent dans un autre temps, un autre lieu, comme déconnectées du spectacle qui se joue.

Si vous aimez la maison Dior, voici d’autres articles que j’ai pu faire à son sujet. Ici les backstages de la saison précédente. Ici le défilé. Ici et Ici les ateliers de création de la maison.

Je termine ma fashion week tout à l’heure avec le défilé Gaultier Couture et déjà je ressens comme un petit gout de nostalgie. Heureusement il me reste mes photos et des souvenirs que j’ai hâte de vous faire partager.
Un grand merci à vous.
Les coulisses de la mode chez Dior, KVA, Tim Hamilton & Cerruti

Chez Dior, cette posture sensuelle et fragile annonce l’explosion gothique qui va suivre.
La fashion week continue, les défilés se suivent mais ne se ressemblent jamais. J’ai cette fois ci, voulu mettre l’accent sur ces visages que l’on voit passer furtivement sur le catwalk. Que ce soit de jeunes beautés insouciantes ou des gueules cassées, je découvre des regards bien plus intenses que je ne pouvais l’imaginer.

Les habilleuses positionnent les derniers accessoires chez Kris Van Assche.
Le scénario est invariablement le même. Les mannequins arrivent, découvrent leur portant et leur habilleuse, puis vont se faire maquiller et ensuite coiffer. Une fois que tout cela est fait, ils mangent un peu ou boivent un café puis vont se faire habiller. 30 minutes avant le show, la répétition commence sur le catwalk encore plastifié pour que les mannequins se calent sur la musique. Puis ils reviennent et patientent comme ils peuvent, musique, blackberry, ennui, isolement etc. Quelques minute avant le show, ils s’alignent devant l’entrée du catwalk, dernières retouches des habilleuses ou parfois même du créateur, on commence à entendre les basses dans la salle, les visages se tendent. Go !

Toujours chez Kris Van Assche, le silence et le calme, quelques minutes avant le show, surprennent. Le créateur me dira que c’est sa façon d’exprimer son stress mais qu’intérieurement, il bouillonne.

Chez Tim Hamilton, l’esprit est au 50’s et au Rock’n roll sous acide.

Chez Dior, de jeunes mannequins argentins tentent de détendre l’atmosphere.

Chez Dior, les mains dessinent les traits de visages qui font voyager.
Pour chaque créateur on retrouve des “gueules” et des styles différents, jeunes éphèbes quelque peu androgynes chez Dries Van Noten, machos absolus et sur-testostéronés chez Gaultier. Chez Dior Homme, la plupart vienne d’Argentine ou du Brésil.

Le même visage après le défilé Dior Homme qui vient de prendre fin, chacun se rhabille pour courir vers un autre défilé.
14 comsMa Fashion Week à Paris

Le mâââle chez Jean-Paul Gaultier. Qui a dit macho !?
Hier fut une journée très intense en matière de mode, car je l’ai passée entièrement à courir les défilés de la capitale. De Dries Van Noten, Jean-Paul Gaultier, Gaspard Yurkievich, Junn j en passant par Issey Miyake. J’ai pu aller à la rencontre des créateurs, faire leur portrait, passer des heures dans les backstages à assister aux préparations et prendre le temps de shooter quelques looks à la sortie des défilés.
Vous pouvez suivre mes pérégrinations et mes photos en direct dans tous les défilés de la Fashion week sur mon Twitter !
J’y retourne dès ce matin, j’espère que vous aimez !

Silence et maquillage chez Dries Van Noten

Quelques secondes avant le défilé chez Junn J

Concentration ou rêverie ? Chez Junn J

Le créateur Gaspard Yurkievich, 5 min avant le défilé. Un mannequin n’est pas là, que faire ?

Chez Gaultier on se retrouve sur un ring de boxe

Encore une gueule d’amour chez Gaultier

Très appliqué chez Dries Van Noten ? Dans quelques secondes il sera dans la peau d’un néo-punk
Merci à toutes et à tous !
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