Jean Nouvel
Il y a des rencontres qui changent la vie et des rencontres qui aident à la clarifier. Je dirais que la rencontre avec Jean Nouvel fait partie de la seconde catégorie. Je me souviens surtout de cette phrase à propos de la création qu’il m’a dite, une phrase si simple qu’elle sonne comme une évidence. “Tu dois d’abord faire du sens, puis du sensible”. J’adore les choses simples parce qu’elles sont l’œuvre des grands esprits. J’aime les “évidences” dans les relations humaines, en amour, dans la création. Une évidence, c’est quelque chose qui s’impose à vous avec tant de limpidité que l’on baisse toutes ses gardes, tous ses doutes pour simplement, recevoir et admettre.
Des évidences, il y en eu beaucoup lors de cette rencontre. De sa silhouette à la Yul Brynner jusqu’à sa façon de parler avec une bienveillance paternaliste de ses créations, chaque chose m’ouvrait sur une fenêtre d’évidences. Je l’ai suivi durant une après midi, j’ai pris le temps de me tromper sur lui, j’ai pris le temps de le photographier. C’est drôle comme la première photo que j’ai faite de lui et si différente de la dernière. Mon regard a changé à son contact, j’ai commencé un peu à comprendre.
La seule chose qui n’était pas une évidence et que je me suis longtemps demandé si je devais mettre cette série de photos sur mon site car je trouvais qu’elle sortait un peu du cadre. Mais après tout j’ai fait ce site pour partager mes coups de cœur et ce, quelque soit le domaine.
Alors voici donc l’architecte Jean Nouvel !
Comme d’habitude, d’autres photos sont à voir en cliquant sur Read More. Sur ce, je vous souhaite une excellente semaine.
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Rie Rasmussen
Jeudi matin, j’ai rendez-vous au studio photo Rouchon dans le 5ème à Paris. Il est tôt, il fait gris et je suis en avance. Les boulangeries commencent à ouvrir, Paris sent le croissant chaud et un peu les poubelles. Je passe devant le Jardin des plantes, un homme court avec son chien et son Ipod. A côté de moi marche une femme dont la silhouette sombre et élancée m’impressionne, tête couverte par une capuche noire, jambes découvertes sous une jupe courte. Bottes de motard noires et Blackberry dans la main. Je la regarde, elle s’approche de moi. Je suis surpris mais il n’y a pas de raison, elle me demande si je connais telle rue. Je lui dis que oui et lui indique la direction. Sous sa capuche je vois deux grands yeux bleus et des lèvres parfaitement ourlées, je m’étonne à nouveau. Elle me remercie et je la regarde disparaitre au coin de la rue.
Je continue mon chemin. J’arrive dans la cour du studio à la façade couverte de vigne vierge. Je monte à l’étage, je me fais un café et m’assoie sur le canapé face à un panier rempli de viennoiseries. A côté de moi est posé un pull noir à capuche. Je crois que je comprends.
Je vois cette fille croisée quelques minutes plus tôt, un thé à la main et le sourire au lèvres. C’est Rie Rasmussen. Je la connais encore peu, mais à mesure que je passerai du temps avec elle, ma fascination ne cessera de grandir.
Tandis qu’elle se fait maquiller et coiffer, elle ouvre un carnet et me montre les peintures qu’elle fait. Ce sont des corps souffrants, forts et sombres. Cela me fait penser un peu à Egon Schiele. Elle me parle de son expo dans une galerie à NY et de son film qu’elle a réalisé, me raconte quelques anecdotes avec Luc Besson que même sous la torture je ne pourrais pas répéter. J’apprends qu’elle a tourné avec Brian de Palma aussi, mais je n’ai vraiment pas besoin de savoir ça pour être impressionné.
Je n’arrête pas de la prendre en photo. J’essaie de comprendre, de cerner l’incroyable énergie qui se dégage d’elle. On passera toute la journée à discuter entre chaque prise de vue. Enfant je me souviens être tombé amoureux d’une femme peinte dans un tableau de Hopper, c’est amusant, mais je ne sais pas pourquoi ce souvenir me revient.
La journée s’achève, il est tard, les boutiques sont déjà fermées, je reprends mon chemin en sens inverse et me dit que peut-être quelqu’un me demandera à nouveau son chemin.
Un grand merci à tous et bonne journée.
16 comsPharrell & Kanye
J’ai remarqué depuis longtemps que les phénomènes météorologiques interagissent fortement avec mes goûts musicaux. J’ai comme une sorte de station météo reliée à mon cerveau. Me demandez pas pourquoi, mais écouter Chet Baker ou Bach en plein mois d’Août m’est impossible.
Ma radio mentale est donc actuellement branchée sur les États-Unis et don de synesthésie ou pas, quand j’entends Warren G je vois apparaître sous mes yeux un pot de Ice Cream à la vanille ciglé West Coast. C’est vrai que je passe tout mon mois d’Août à Paris, rideaux fermés et café froid à travailler sur les projets de la rentrée. Déblocage prévu pour septembre puisque je rejoins la west coast version San Francisco, juste après un séjour à New York, pour un projet dont je vous parlerai plus tard.
Je vous parle de tout ça, car comme vous l’aurez remarqué, se trouvent au dessus de ce texte deux messieurs que j’ai rencontrés, pris en photo et que j’aime beaucoup.
Wikipédia faisant ça mieux que moi, je vous épargne la biographie de chacun. Tout en haut c’est Pharrell Williams et là, juste au dessus, c’est Kanye West. La photo de Kanye date un peu déjà, je l’ai prise il y a 2 ans peut être et ceux qui me suivent depuis le début ont dû la voir. Celle de Pharrell a été prise il y a 2 mois environ. Pourquoi je vous montre le portrait de ces deux artistes ? Parce qu’ils incarnent parfaitement l’artiste tel que je le rêve et l’imagine aujourd’hui. Totalement et absolument transversal.
Polycéphale, polymorphe, naviguant dans toutes les sphères de la création, mode, design, art contemporain, il était logique que je parle d’eux ici.
Yiqing Yin
Paris est en vacances, le silence a remplacé les nuages et le soleil frappe les pavés recouverts d’asphalte ainsi que mes volets. Il est 15h, j’ai toujours détesté cette heure de la journée, le soleil haut dans le ciel m’angoisse, j’aime trop les ombres portées. Je ne fais rien, regarde juste les particules en suspension dans l’air dévoilées par un rayon de lumière faiblard. Dans la bibliothèque je reconnais la tranche d’un bouquin de Bret Easton Ellis et je m’attends à chaque seconde à ce que Clay vienne s’assoir à côté de moi.
Sous ma main, le dernier Vogue encore sous plastique, je l’ouvre et le feuillette sans le regarder. Un visage m’interpelle car je me souviens l’avoir pris en photo il y a peu de temps. Ce visage est celui de Yiqing Yin, une jeune créatrice révélée durant le festival de Hyères. Je la découvre un peu plus à travers les quelques lignes sagement écrites.
J’ouvre mon ordinateur et me mets à la recherche de ces photos que je n’ai jamais ouvertes. Elles sont là, dans un dossier intitulé “YY-Hyeres”, deux portraits et quelques détails de ses robes. J’avais oublié cet instant de vie, même si je me souviens parfaitement du sentiment ressenti en la voyant déambuler entre ses créations qui devenaient des miroirs.
Je me dis que si je referme ce dossier, je ne l’ouvrirai probablement plus jamais, je décide donc de vous montrer ces photos.
Les voici.
Patek Philippe
J’arrive de Genève où j’ai passé trois jours au cœur de la maison d’horlogerie Patek Philippe. Dans la torpeur du mois de juillet parisien, recevoir une demande de cette maison me paraissait irréel. J’ai déjà eu la chance que les plus grandes maisons de couture et de joaillerie m’ouvrent leurs portes, mais je pensais le monde de l’horlogerie, presque inaccessible. Alors imaginez quand celle-ci me propose une collaboration et m’ouvre l’intégralité de ses ateliers de création sur les différents lieux repartis à coté de Genève, je reste sans voix.
J’ai vraiment hâte de vous montrer le reportage que je mettrai en ligne durant le mois de septembre. Pour ma part je suis de retour à Paris, la tête dans les nuages et le cœur bien accroché.
En attendant je vous souhaite une bonne journée à tous !
Slow down
Me voici donc en vacances pour quelques jours. Un retour aux sources avant de partir à Genève, sur les bords du lac Léman pour un reportage de plusieurs jours chez la plus mythique des marques horlogères. Je trépigne tant ce voyage me paressait totalement inaccessible.
En attendant de vous montrer tout cela, je vous souhaite à tous de très bonnes vacances.
Diane Pernet
Jeux de miroirs et de reflets. Cela me fait penser à cette sculpture de Duchamp, La mariée mise à nu par ses célibataires même. Ce grand verre fendu et parcouru de métal et de métaphores. Et puis le titre va très bien à Diane Pernet, figure et icône emblématiques de la mode. Silhouette étrange et voix brisée que je retrouve lors de tous les défilés et évènements liés à la mode. Elle semble évoluer dans un tableau de Manet, un peu lointaine comme en deuil de ses couleurs passées.
14 comsJean Paul Gaultier
J’ai fini cette semaine de mode avec le défilé Jean-Paul Gaultier, toujours sublime, toujours mon chouchou. Plutôt que de vous ennuyer avec de longues explications, voici une toute petite sélection de photos pour vous montrer un peu l’ambiance si particulière qui régnait.
Et Dieu créa Dita Von Teese. Le show s’est terminé par son striptease à 1 mètre 50 de moi, il faisait chaud dans la salle et le carton avec lequel j’éventais mon visage ne suffisait pas à faire baisser le température.
Le voile masque son visage, elle l’enlève et le jette en l’air d’un geste ample, il reste en suspension, le temps que le fantasme prenne forme.
La lumière s’éteint, les applaudissements jaillissent. Ma journée est finie, je rentre et vous remercie !
Illusions
Encore une belle journée qui se termine tard. Je prends quelques minutes pour mettre en ligne ces photos prises il y a 3 heures dans les backstages du défilé Julien Fournié (souvenez vous la saison dernière.) J’ai à peine eu le temps de les trier, je ferai donc prochainement un billet plus complet sur ce créateur.
Demain c’est le dernier jour, je commence un tournage à 7h et j’enchaine sur les 5 défilés. L’avantage de tout ça, c’est que je vais avoir plein de belles choses à vous montrer.
Merci et bonne journée !
Oh my God !
Il est tard et la journée a été bien remplie. Plein les yeux, plein la tête comme on dit, mais aussi mal aux jambes et la tête un peu lourde. Les défilés s’enchainent mais finalement le plaisir reste intact.
Voici une rapide plongée dans les backstages très photogéniques du défilé Eva Minge. Je n’ai pas eu le temps de trier les autres défilés, mais cela ne saurait tarder.
Ci-dessus la sublime, rock et pétillante Xenia, que Christian m’a présenté, les yeux lui aussi pétillants.
Je vais me coucher car la journée de demain risque d’être très longue aussi. Je vous laisse avec ces trois belles demoiselles, très représentatives de l’ambiance qui régnait en coulisse.
Merci à vous !
Un je-ne-sais-quoi
Lundi 5 juillet. Hier l’Indepance Day pour les américains, aujourd’hui le début de la semaine de la couture pour quelques parisiens et professionnels de la mode. Je me dépêche donc de mettre en ligne ces photos pour courir aux premiers défilés. Amusante spirale sans fin que le monde de la création et de la consommation. Pour ma part, le plaisir est toujours dans l’entre-deux de ce monde, entre le off et le show, entre l’atelier et le défilé.
Voici donc encore une fois, une série de portraits prise en backstages. Je ne sais pas ce que j’ai, mais depuis quelques temps je ne jure plus que par le portrait, le visage, le regard. Oubliés pour un temps, les looks, les mouvements du corps et les chorégraphies urbaines. Je suis dans ma période portrait et je m’y plais. J’espère en tout cas que je ne vous lasse pas.
Encore une fois, un très grand merci à vous tous et bonne journée !
13 comsOld new thing
Il est 14h, je trie quelques photos et je tombe sur celle-ci prise lors d’un défilé Kenzo d’une saison précédente. Je ne sais pas pourquoi mais elle me parle aujourd’hui alors qu’à l’époque elle n’avait pas du tout attiré mon attention. C’est comme réécouter de vieilles chansons pour voir si elles ont bien vieilli ou si au contraire c’est nous qui avons changé. C’est étrange comme notre regard se modifie avec le temps sur les objets, les choses que l’on crée, les gens qui nous entourent.
Bonne après-midi à tous !
Yurkievich
La fashion week de l’homme a pris fin hier, je me retrouve à trier les photos. Je quitte la foule et la chaleur pour le silence de mon bureau. Je revis chacun des instants, faisant face à des dizaines de portraits dont la plupart ne sortira pas de mes dossiers. De manière générale je fais peu de photos, je regarde, écoute, me promène, m’assoie et contemple la grande fourmilière prendre vie.
En ce qui concerne les portraits, j’essaie toujours d’anticiper le moment idéal, je ne cherche pas à le provoquer ou à le faire revivre. Même si le garçon ci-dessus était très joyeux, riant avant et après la photo, l’instant saisi et l’image qui en résulte représentent ma vision de lui, mélancolique, presque triste. Qu’importe la réalité, l’important est de la transcender. C’est ce qui me plait dans la photo, le faux-semblant, le mensonge consenti.
Quelques minutes avant le début du défilé, Gaspard Yurkievich s’amuse avec l’objectif, posant devant le trombinoscope.
Merci à vous et bonne journée.
Come What May
J’écris toujours en musique, invariablement, inlassablement. Avant de commencer chaque texte, je regarde fixement la photo qui va l’accompagner. Je la regarde comme on regarde les images d’un livre d’illusions d’optique où l’on voit apparaitre une forme quand on se met à loucher un peu.
Je fais pareil. Je fixe ce visage et j’attends qu’il me parle.
Je fixe une main, un tissu, une jambe, un lieu et j’attends qu’ils me racontent une histoire. Souvent ces photos jouent une toute autre mélodie que celle illustrée dans le sujet. Elles m’emmènent alors vers un poème, un film, une chanson, une peinture ou que sais-je encore. J’aime ce dialogue qui se tisse au-delà de l’image, car c’est à partir de ce moment que je comprends pourquoi elle m’a touché et pourquoi je l’ai choisie.
J’ai pris cette photo dans les très beaux backstages du défilé Cerruti qui se situait dans une des galeries de minéralogie du Jardin des Plantes. Et, concernant ce portrait, j’aimerais savoir quelle histoire il peut bien vous raconter ?!




























































