Archive for the 'Backstages' Category
Jean Charles de Castelbajac
Jean Charles de Castelbajac fait parti de ces créateurs auxquels je voue une admiration sincère. Non pas tant pour ses créations en elles même, mais pour cette œuvre totale et polymorphe qu’il met en place depuis des décennies. Sa pensée est une sorte de rhizome qui lance milles concepts dans milles direction et dont chacun donne naissance à une création, un son, une collaboration, une mise en scène, un dessin. C’est un artiste tentaculaire qui ne se définit pas seulement à partir du champ restreint de la mode. Il colle, assemble, détourne, s’approprie, cite, parodie, met en abime, tout ce que les fabriques à image que sont le cinéma, l’art, Disney, la télé, les comics, la mode et bien d’autres, nous donnent à voir.
Une série de portraits prise dans les backstages du défilé.
16 comsGaspard Yurkievich – Backstage & Front Row
J’aime les créateurs, les artistes, les intellectuels, tous ceux qui se servent de leurs mains et de leur cerveau pour créer des formes, des idées ou des univers. J’aime les regarder travailler, diriger, peindre, coudre, mettre en scène et ainsi prendre place dans leur théâtre mental.
J’aime aller à leur rencontre pour échanger un peu et prendre beaucoup.

Je suis une éponge, où mes oreilles, mes yeux, mon stylo, mon appareil photo seraient autant de cavités par lesquelles passeraient les informations et les sentiments.
Voici donc une nouvelle rencontre faite avec le créateur Gaspard Yurkievich, puis une plongée dans un de ses défilés, des explosions colorées des backstages au front row sensuel et éclatant.



Backstage & Front Row : Issey Miyake

La Fashion Week a commencé depuis presque une semaine et je n’ai hélas pas encore eu le temps de poster mes photos. J’en suis à mon vingt ou trentième défilés et les photos et vidéos s’accumulent en plus des reportages que l’on me commande. Il était donc temps que je me pose et me plonge dans tout ce contenu.
Voici donc une première série consacrée au défilé Issey Miyake. D’autres séries suivront. Vous retrouverez aussi très bientôt des portraits que j’ai fait pendant la Fashion Week pour un magazine, ainsi que des reportages sur des sites de mode.

Je prends toujours le temps d’aller en backstage avant les défilés, c’est le lieu et le moment que je préfère. Loin des people, loin du show et des paillettes mais au plus près de la création et du travail. Quelques minutes avant le show, tout un univers se met en ébullition. Les visages colorés, les gestes maitrisés et les coiffures incroyables abondent.
Chaque backstage a sa propre identité, guidé par le créateur, le chef-maquilleur et coiffeur. De Gaultier à Galliano en passant par Lagerfeld, de Dries Van Noten à Barbara Bui. Chaque créateur accompagné de son équipe marquent le rythme et l’identité de ses backstages.
Hana

C’est l’histoire d’une rencontre éclatante dans les coulisses du défilé Julien Fournié. Hana vient d’être habillée, elle patiente seule, essayant de se concentrer et de se détendre. Sur son visage je lis une douce mélancolie, son infime petit sourire me renvoie l’image de Mona Lisa, m’arrache à ma réalité et succombe dans la matière picturale.

Son visage aux traits tout à la fois modernes et anciens me parlent dans une langue que je connais.
Mais j’ai remarqué que les visages fonctionnent comme des écrans sur lesquels je projette mes propres histoires et références. J’aimerais donc bien savoir ce que son visage vous raconte, car j’ai montré ces photos à une amie qui lui ont fait penser à bien autre chose que ce que j’imaginais.
Au cœur de la Maison Lanvin

Alber Elbaz (avec les lunettes) & Lucas Ossendrijver, Lanvin
Il y a des rencontres que l’on n’oublie pas, surtout quand il s’agit de la maison Lanvin et de ses créateurs Alber Elbaz et Lucas Ossendrijver.
Mes premiers pas au sein de cette maison sont accompagnés d’un énorme éclat de rires qui retentit au moment même où je pénètre dans l’immense salle du Palais de Tokyo. Je suis à peine entré que j’entends au loin une voix masculine parler en anglais. Un public lui répond par des rires.
Je pénètre la zone de défilé et découvre deux hommes faisant face à un groupe de personnes, qui se trouve être le staff Lanvin. L’un des deux tient un micro, l’autre est légèrement en retrait, lui aussi un peu spectateur. Le premier est plutôt petit et d’un embonpoint certain, habillé tout de noir avec de grandes et larges lunettes à montures noires. Le second est grand et svelte, le visage allongé et les mains fines.
Deux physiques antinomiques qui semblent étrangement former un couple parfaitement accordé.
Le premier s’appelle Alber Elbaz, directeur de création de Lanvin, le second est Lucas Ossendrijver, directeur artistique de Lanvin Homme, tout simplement.

Les deux créateurs font les derniers arrangements quelques secondes avant le défilé.

Il est 10h du matin ce dimanche, dans le 16ème arrondissement de Paris et Alber Elbaz fait un show devant un parterre déjà conquis. Le défilé commence dans une heure et il s’agit de détendre l’atmosphère tout en rappelant les fondamentaux de la maison.



Julien Fournié, vaporeuse sensualité

Il est 16h ce mardi 26 janvier et je marche le long du Passage du Désir dans le 9ème arrondissement de Paris. Direction le défilé Haute Couture de Julien Fournié qui a lieu au sein de l’agence Betc Euro RSCG. Le temps est gris comme la gare de l’Est à côté.

La décrépitude des murs contraste avec le volupté soyeuse des corps. Entre Ingres et Delacroix, j’ai le sentiment d’errer dans un tableau vivant.

S’émouvoir de la beauté, sans la toucher ni sans la désirer. La regarder comme on regarde un tableau.

Parfois la nudité se cache derrière le voile pudique de la timidité. Deniers instants de calme avant l’explosion du show.

Dans la salle aux murs jaune et au plafond en forme de dôme, je reconnais Julien Fournié, un fer à repasser à la main, appliqué à l’extrême, déplissant le tissu soyeux d’un énorme nœud aux boucles larges, cousu dans le dos d’une robe.

C’est une étrange et grande poupée désarticulée qui semble s’être perdue dans un conte qui n’est pas le sien. Comme une petite danseuse sur une boite à musique arrêtée, elle me fixe et me trouble.
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Dans les coulisses de Christian Dior

La semaine de la Haute Couture continue. Voici donc, comme un avant gout furtif, quelques images prisent lors du défilé Christian Dior couture puis dans les backstages tandis que maquilleurs, coiffeurs, manucures et mannequins s’affairent à magnifier les silhouettes.

Dans les backstages, les visages se dévoilent et les regards se croisent. Comme près d’une tour de Babel, j’entends parler dans toutes les langues, russes, anglais, allemands, portugais, etc. Ces visages, ces lèvres effleurées par des pinceaux colorés, ces cheveux brossés et ses cous poudrés me font penser à un tableau de Van Dongen.

Lorsque les filles défilent, le temps s’arrête, les projecteurs s’allument, on lance la musique et elles entrent dans un autre temps, un autre lieu, comme déconnectées du spectacle qui se joue.

Si vous aimez la maison Dior, voici d’autres articles que j’ai pu faire à son sujet. Ici les backstages de la saison précédente. Ici le défilé. Ici et Ici les ateliers de création de la maison.

Je termine ma fashion week tout à l’heure avec le défilé Gaultier Couture et déjà je ressens comme un petit gout de nostalgie. Heureusement il me reste mes photos et des souvenirs que j’ai hâte de vous faire partager.
Un grand merci à vous.
Les coulisses de la mode chez Dior, KVA, Tim Hamilton & Cerruti

Chez Dior, cette posture sensuelle et fragile annonce l’explosion gothique qui va suivre.
La fashion week continue, les défilés se suivent mais ne se ressemblent jamais. J’ai cette fois ci, voulu mettre l’accent sur ces visages que l’on voit passer furtivement sur le catwalk. Que ce soit de jeunes beautés insouciantes ou des gueules cassées, je découvre des regards bien plus intenses que je ne pouvais l’imaginer.

Les habilleuses positionnent les derniers accessoires chez Kris Van Assche.
Le scénario est invariablement le même. Les mannequins arrivent, découvrent leur portant et leur habilleuse, puis vont se faire maquiller et ensuite coiffer. Une fois que tout cela est fait, ils mangent un peu ou boivent un café puis vont se faire habiller. 30 minutes avant le show, la répétition commence sur le catwalk encore plastifié pour que les mannequins se calent sur la musique. Puis ils reviennent et patientent comme ils peuvent, musique, blackberry, ennui, isolement etc. Quelques minute avant le show, ils s’alignent devant l’entrée du catwalk, dernières retouches des habilleuses ou parfois même du créateur, on commence à entendre les basses dans la salle, les visages se tendent. Go !

Toujours chez Kris Van Assche, le silence et le calme, quelques minutes avant le show, surprennent. Le créateur me dira que c’est sa façon d’exprimer son stress mais qu’intérieurement, il bouillonne.

Chez Tim Hamilton, l’esprit est au 50’s et au Rock’n roll sous acide.

Chez Dior, de jeunes mannequins argentins tentent de détendre l’atmosphere.

Chez Dior, les mains dessinent les traits de visages qui font voyager.
Pour chaque créateur on retrouve des « gueules » et des styles différents, jeunes éphèbes quelque peu androgynes chez Dries Van Noten, machos absolus et sur-testostéronés chez Gaultier. Chez Dior Homme, la plupart vienne d’Argentine ou du Brésil.

Le même visage après le défilé Dior Homme qui vient de prendre fin, chacun se rhabille pour courir vers un autre défilé.
16 comsMa Fashion Week à Paris

Le mâââle chez Jean-Paul Gaultier. Qui a dit macho !?
Hier fut une journée très intense en matière de mode, car je l’ai passée entièrement à courir les défilés de la capitale. De Dries Van Noten, Jean-Paul Gaultier, Gaspard Yurkievich, Junn j en passant par Issey Miyake. J’ai pu aller à la rencontre des créateurs, faire leur portrait, passer des heures dans les backstages à assister aux préparations et prendre le temps de shooter quelques looks à la sortie des défilés.
Vous pouvez suivre mes pérégrinations et mes photos en direct dans tous les défilés de la Fashion week sur mon Twitter !
J’y retourne dès ce matin, j’espère que vous aimez !

Silence et maquillage chez Dries Van Noten

Quelques secondes avant le défilé chez Junn J

Concentration ou rêverie ? Chez Junn J

Le créateur Gaspard Yurkievich, 5 min avant le défilé. Un mannequin n’est pas là, que faire ?

Chez Gaultier on se retrouve sur un ring de boxe

Encore une gueule d’amour chez Gaultier

Très appliqué chez Dries Van Noten ? Dans quelques secondes il sera dans la peau d’un néo-punk
Merci à toutes et à tous !
23 comsOn stage

Ça trépigne, ça s’échauffe, le téléphone sonne à longueur de journée. Au bout du fil, toujours la voix d’une jeune fille le plus souvent douce, agréable mais ferme. Probablement assistante de l’attachée de presse et qui fait ses armes dans ce drôle d’univers qu’est la mode. « Bonjour, serrez vous présent au défilé X ? On envoie l’invitation à la même adresse ? Vous voulez être assis ou être dans le pool de photographes ? Un accès aux backstages ? »
La sonnette retenti chaque jour et les coursiers défilent, avec toujours à la main une petite enveloppe plus ou moins grande, plus ou moins jolie. Je les ouvre avec une certaine excitation, lisant mon nom toujours écrit à la main avec application, probablement par une stagiaire élue plus belle écriture du bureau et qui verra son poignet s’endolorir tout au long des 300 invitations à faire. L’écriture est ample et féminine, composée de grandes boucles parfaitement rondes, mais sans la faute de goût du petit rond sur les « i ». Tout ceci est encore nouveau pour moi, je prends donc le temps de déguster chaque émotion.
Le spectacle de la fashion week parisienne lève le rideau avec les défilés Homme puis continuera sur la Haute Couture et telle une petite souris, je me glisserai partout pour vous rapporter des images.
N’hésitez pas à me dire s’il y a des choses que vous voulez voir et auxquelles je n’aurais pas pensé !






















